Photo Claude HEYM
Photo Claude HEYM
 

 

Les tuiles

Le toit de la maison alsacienne traditionnelle se caractérise par une pente très forte (40 à 60°, soit 0,85 à 1,75 mètre de dénivellation par mètre linéaire de toit). Cette pente est rendue nécessaire par la fréquence de la neige.

Le matériau de couverture employé a d'abord été le chaume. Très présent surtout dans le Ried mais facilement inflammable, il est progressivement remplacé dès le Moyen Âge par la tuile. D'origine romaine, elle est connue depuis le Ier siècle ap. J.-C. La forme la plus courante est la tuile " queue de castor ", en dialecte Biberschwanz, fabriquée avec l'argile du terroir. Il s'agit d'une tuile plate rectangulaire, arrondie à son extrémité, et parfois striée longitudinalement par les doigts de l'artisan pour guider l'écoulement de l'eau. Un crochet, ou nez, façonné sur la face postérieure, à l'extrémité du talon permet d'accrocher les tuiles à la charpente. La tuile dite " queue de castor " se généralise à partir du XVIIème siècle

 

 

STRUCTURE ET TECHNIQUES DE CONSTRUCTION

 

La maison à colombage respecte un principe essentiel en matière de construction, celui de l'équilibre. Construire coûte cher et l'édifice doit être stable. La forme indéformable la plus simple est le triangle, qu'on retrouve dans toutes les parties de la structure.

 

La maison est édifiée en pans de bois ou Fachwärik.

Par pan on entend un ensemble de pièces de bois inscrites dans un même plan ; on en distingue trois :

  • le plan horizontal, constitué par les planchers et les plafonds
  • le plan vertical, comprenant l'ossature des murs et les cloisons
  • le plan incliné, constitué par la charpente des combles

La structure comporte deux poutres sablières, l'une Schwell, (le seuil) reposant sur le soubassement en pierre, l'autre double, Rähm, au niveau du premier étage. Elles sont maintenues par des poteaux corniers et des poteaux verticaux. La stabilité de l'ensemble est assurée par des obliques. Souvent, aux deux extrémités du faîtage, les pans sont tronqués en retrait par deux auvents formant croupe.

 

Les assemblages

se font à mi-bois, en harpe, en fourchette ou en queue d'aronde, maintenus par des chevilles en bois.

 

Cette ossature met en oeuvre une technique précise : chaque pièce de charpente est ajustée sur un plan d'échelle " grandeur nature " et numérotée en chiffres romains, selon la position qu'elle doit occuper dans l'ensemble de la construction. Un montage d'essai a lieu sur la place du village ou sur un étalon tracé en grandeur nature avant la construction définitive de la maison. La maison ainsi construite pouvait être facilement déplacée.

 

Une technique aussi élaborée est le fruit d'une longue évolution. Les premiers témoignages archéologiques de maisons construites en bois et torchis remontent à la préhistoire. Le XVllle siècle marque l'apogée de cette technique de construction. La maison devient plus haute, les fenêtres à deux battants plus étroites. Les lignes verticales du poutrage dominent. Le bois, plus largement employé dessine une symétrie décorative dans les assemblages en diagonales. Les décharges, entre les poutres verticales, se composent de contrefiches obliques, droites ou courbes.

 

(Extrait du Mémoire sur l'économie rurale du département du Bas-Rhin par le professeur et naturaliste F.L Hammer, 1807

Archives départementales du Bas-Rhin, 63.J.20)

 

 

LA MAISON D'HABITATION RURALE

 

On distingue, dans le département du Bas-Rhin, deux modes de construction assez différente, celui en usage dans la plaine ou la partie où on parle l'allemand, l'autre employé dans la partie des montagnes où on parle français.

 

Nous présentons celui de la partie allemande (maisons de la plaine).

Le cultivateur n'observe dans la construction de sa maison rustique aucune règle d'exposition au soleil. L'aspect ou la direction cardinale ne joue pas; il se concentre uniquement sur la place disponible. Dans les communes, les maisons varient de position dans la rue. Le paysan ne demande qu'une chose: il faut qu'il ait la vue dans sa cour et vers toutes ses écuries. C'est pourquoi on voit quelquefois que peu de fenêtres qui donnent sur la rue, mais on en verra toujours de nombreuses qui donnent dans la cour.

 

Ordinairement, les maisons sont placées à certaines distances plus ou moins grande les unes des autres et sont rarement très rapprochées en raisons de la propagation des incendies. La grandeur varie selon les moyens financiers des cultivateurs. Elles sont ordinairement à un seul étage pour les journaliers . Dans beaucoup de communes cependant, plus de la moitié des maisons d'agriculteurs est à deux étages pour montrer leur aisance.

 

La distribution des pièces n'est pas bien commode. Le cultivateur laisse ordinairement le soin de l'agencement intérieur au charpentier à qui, en ce point, on demande de construire pas esthétique mais solide. Le propriétaire se contente de lui indiquer quelle longueur et largueur la maison doit avoir. Ainsi une grande partie des maisons d'une commune, pour des raisons d'économies, sont toutes construites, ou presque, d'après le même plan.

 

Les maisons, surtout les anciennes, sont mal ventilées. Les appartements ont 6 ½ (1.9m) à 7 pieds (2.1m)de haut. De ce fait ces pièces basses ne peuvent qu'avoir une mauvaise aération d'où un sentiment de confinement, parce qu les fenêtres sont rarement ouvertes en hiver à cause du froid et en été à cause des mouches.

Quant à la propreté, on peut dire qu'elle règne en général, mais non sans exceptions. On balaie ordinairement tous les jours et on lave et frotte les sols carrelés, les tables et les bancs et on cire les planchers au moins une fois par semaine.

 

On trouve communément dans une maison de cultivateur, à côté du poêle (stub), une chambre à coucher, puis la cuisine et encore une chambre. Au second étage, une grande pièce et deux à trois chambres.

 

Dans plusieurs communes, surtout le long du Rhin, les maisons des villages se distinguent en 3 classes :

  • la 1ère , à un niveau, qui forme environ le quart des habitations, consiste en une chambre de 16 m² environ qui fait salon et chambre à coucher, un vestibule servant de cuisine et une écurie attenante.
  • La 2ème , à un niveau, qui comprend la moitié des habitations, consiste en 2 chambres à droite et à gauche du vestibule. L'écurie est attenante et la grange est isolée de la maison ;
  • la 3ème classe, comprenait le dernier quart des habitations, a la même disposition ; il n'y a qu'en différence le fait qu'elle soit à deux étages.

Les lieux d'aisance sont ordinairement hors de la maison. Mais chez la plus grande partie des cultivateurs, les tas de fumier servent de latrines. Dans les maisons à 2 étages, il y a communément une pièce d'aisance qui a son débouché vers une ruelle entre la grange et la maison ou dans le verger.

 

Presque tous les poêles (stub) ont des planchers. Cette pièce a communément 2 à 3 fenêtres et chaque chambre en a une. Elles ne peuvent pas être grandes à raison des pièces basses. Celles-ci ont communément 1 mètre de haut sur 80 centimètres de large. Les vitres sont rondes dans les anciennes maisons, en petits carrés dans les modernes, toutes garnies en plomb.

 

Dans la partie du département située dans la plaine ou éloignée des carrières de pierre, les maisons sont toutes bâties en bois, au moins pour le second étage. La construction est en galendure* et bousillée*, couverte d'un enduit de mortier de chaux et de sable. Il y en a cependant également des maisons dont le 1er étage est en pierres. Dans la partie montagneuse ou près des carrières, elles sont bâties en pierres.

Les maisons sont assises sur un soubassement de maçonnerie de 5 centimètres à 1 mètre environ de hauteur, fondation comprise. La charpente est montée sur ce soubassement et on colmate les jours par de la maçonnerie. Ce mode de construction est très défavorable dans les contrées basses, exposées à des inondations, où la charpente était surélevée par rapport au sol.

 

Dans d'autres endroits on pose des fondements avant la charpente. La maçonnerie est de pierre délit*, quelquefois les coins et les marches d'entrée sont de pierres de taille.

Les cheminées sont en brique.

 

 

L'établissement d'un four dans chaque maison multiplie les ajouts à la constructions, la consommation du bois et de par là, les dangers du feu. Il aurait été avantageux et judicieux que chaque commune n'ait qu'un four banal où chacun aurait pu faire cuire son pain à tour de rôle. Mais agriculteur alsacien est un individualiste.

 

Les toits sont ordinairement couverts en tuiles, très rarement encore en chaume. En montagne, ils sont communément couverts en bardeaux ou en planches.

Les portes sont à un seul battant ou à 2 battants, l'un s'ouvrant au-dessus de l'autre.

On ajoute des abat-vent aux côtés les plus exposés aux pluies et on veille ordinairement à les ajuster de telle façon qu'on puisse passer au sec dans les écuries.

 

Les caves se trouvent sous les maisons et on y entre ordinairement par l'extérieur. Dans les contrées basses, il n'y a que peu de caves (en raison des inondations). Les greniers sont alors utilisé pour l'usage.

 

Les meubles des cultivateurs sont en petit nombre très simples et tous en bois. Des deux côtés du poêle (stub) sont accolés, cloués au mur ,des bancs de sapin. Dans le coin une petite armoire, d'un autre côté, une grande armoire, un ou deux bancs amovibles avec ou sans dossier, une ou quelques chaises de bois et une table ; c'est ce qui fait l'ameublement du poêle*. Dans les chambres, on trouve outre des lits, un banc et quelquefois encore une armoire ou un coffre de bois .

 

Une habitation ordinaire de cultivateur vaut de 600 à 11500 francs or.

 

On blanchit les chambres ordinairement une fois par an.

 

Le nombre des maisons a augmenté dans presque toutes les communes depuis 1789. Les règlements pour les incendies et les pompes à feu ne se trouvent que dans les grandes communes ; les petites n'en ont point ; si on voit que l'incendie devient sérieux et que les secours des communes voisines ne peuvent arriver à temps, on commence par démolir la maison incendiée [...]

 

(*)

Poêle : ici dans le sens pièce que l'on peut chauffer " Stub "

Galendure : sans doute un dérivé du terme galandage ; cloison en pan de bois (Académie d'architecture, Lexique, Paris, Massin 1963)

Bousillé : mélange de terre détrempée et de paille que l'on emploie dans certaines constructions rustiques

De pierre délit : diviser une pierre dans le sens des couches de stratification

 

 

 

(Suite)

Photo de Claude HEYM

 

Notre devise:

 

Conserver le passé,

dans le présent,

pour pouvoir le transmettre

au futur

 

 

Pour nous trouver

 

 

Association

Le Vieil Erstein

Un rund um's Kanton

 

Adresse

1, Place de l'

Hôtel de Ville

67150 - Erstein

 

06 86 56 40 68

 

 

Association

pour la préservation

et la conservation

du patrimoine culturel

et traditionnel

d' Erstein

 

.

Devenir membre

Vous souhaitez

devenir membre ?

C'est très simple : utilisez

notre formulaire de contact

pour obtenir davantage

d'informations. 

Nous serions ravis de pouvoir

vous souhaiter très bientôt

la bienvenue dans notre

association.

Nous vous attendons

avec impatience !

 

 

Ce site a été créé le

1er novembre 2012

par son webmestre

et propriétaire

Jean Louis Eschbach

 

 

 

déja

visiteurs

 

 

 

 

Communiqués

 

L'Assemblée générale ordinaire de l'exercice 2016 a eu lieu le

17 Mars 2017

à 20hoo

à la Salle Hanfroest

(près du stade)

 

Nous avons un nouveau Président

Guy HANSEN

 

 

 

ooOoo

 

 

Participation aux

Journées Européennes du Patrimoine

les 16 et 17 Septembre 2017

à Erstein

 

 

ooOoo

 

 

 

L'association a le plaisir de vous révéler qu'au courant de l'année 2017 elle va éditer un livre qui fait suite et finalise notre exposition "Mémoires du mondre agricole  d'Erstein" de 2014.

 

Nous vous tiendrons au courant de l'évolution de ce projet et de la probable souscription qui va être annoncée et lancée lors de  notre AG.

 

La date de parution est prévue pour les journées du patrimoine

 

 

 

ooOoo

 

 

Projets de la

nouvelle équipe

 

 

Un projet d'exposition à l'Etapenstall est à l'étude pour la saison 2018-2019 Le thème serait en relation avec la conception de la maison à colombage

 

 

ooOoo

 

 

Un projet de refonte de notre site internet est en cours de réflexion et débouchera sur une nouvelle proposition au courant  2018

 

 

ooOoo

 

 

Un projet de permanence mensuelle est à l'étude dans le but de rendre notre équipe dirigeante plus proche de la base et, par la même, de créer une nouvelle synergie.

 

 

ooOoo

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

      Stop limite

Version imprimable Version imprimable | Plan du site
© Le Vieil Erstein - Ersteiner Flecken