Photo Claude HEYM
Photo Claude HEYM
 
Collection privée

 

 

 

Paul Fassel Souvenirs, souvenirs…

 

 

Je m’appelle Jean Paul FASSEL. Je suis né le 14 mars 1899 à Erstein, au N°34 rue du chat, comme second fils aîné des époux Georges FASSEL (1873-1927) et Anna Maria née JAEGER (1873-1947).

Mon grand-père, Ignace FASSEL (1844-?), était marié à Thérèse née ANDRES (1834-1893). J’ai vaguement connu mon arrière-grand-père Georges FASSEL (1816-1902) mais pas mon arrière-grand-mère Madeleine née également FASSEL (1814-1889).

 

Notre fratrie comportait 3 garçons et 1 fille.

 

Mes jeunes années et mes souvenirs de l'école.

C'est à l'âge de 8 ou 9 ans que j'ai eu le droit d'aller pour la première fois à confession. Pour moi, c'était un événement, et je tremblais d'énervement. Mon confesseur me vint alors en aide en disant : « tu as certainement mangé des sucreries ». Je répondis : « pas trop souvent ». De toute ma vie, j'ai aimé manger sucré.

Carte postale

J'ai fréquenté l'école primaire jusqu'en1913.Mon instituteur s'appelait Eugène ZIEGENMEYER. Je n'ai jamais été un élève studieux, aussi l'instituteur ne pouvait pas me « pifer ». Plusieurs fois il voulait me faire redoubler. Une fois que je devais réciter devant tous le «Notre Père », et je voulais le faire consciencieusement, je n'ai pas fait attention et j'ai dit « ne nous conduit pas à la tentation» Il s'est évidemment moqué de moi, et avec lui, toute la classe.

Le soir, après l'école, j'aidais ma mère à nourrir les vaches. Mais d'abord, je passais par la cuisine où, dans une poêle, je faisais fondre du beurre, y ajoutais un oeuf, et mangeais le tout avec du pain. Je sais préparer les oeufs de 10 façons différentes : mi - mollets, bouillis, frais, sûrs, à la coque, durs, cuits, trop salés et brûlés. A l'époque, nous possédions trois vaches. J'aidais au nettoyage de l'étable, à râper les betteraves hacher de la paille, amener du bois à la cuisine et le débiter. Avant de faire mes devoirs pour l'école, je faisais les commissions.

A l'âge de huit ans, je m'étais cassé la jambe ;  fracture du fémur. Ceci est arrivé de la façon suivante : c'était le 25 juillet 1907. En allant chercher le pain, j'ai vu dans la cour de l'école des filles, quelques fillettes jouer avec des boules qu'elles faisaient passer par des arceaux en fil-de-fer à coups de marteaux en bois. Je posais à terre mon panier de pain et grimpais sur le mur qui avait une hauteur de 60cm. Il était surmonté de lattes en bois. Je me suis assis et regardais le jeu pendant une demie - heure. Vers 6 heures je voulus descendre, et c'est là que je me suis cassé la jambe droite. Aujourd'hui encore je me demande comment une telle chose a pu se produire. Ma jambe eut droit à un plâtre avec armature en en fil-de-fer, avec un poids qui maintenait le pied en extension. Au bout de quelques semaines, j'ai dû apprendre à me servir de béquilles, puis cela allait mieux de jour en jour, ce qui fait qu'après les grandes vacances j'ai pu retourner à l'école.

Pendant ma période de souffrance, j'ai eu tant de sucreries que j'en ai pris le dégoût. Parfois, on me donnait de l'argent, ce qui fait que je possédais une pièce de 2 marks. Sur ce, il m'arriva la chose suivante : avant d'aller à l'école pour 13 heure, je voulais m'acheter un cahier à la librairie KELLER, (là où se trouve actuellement le salon de coiffure FRIEDRICH). M.KELLER ne pouvait pas me rendre la monnaie. Mon frère Ignace était avec moi. Que faire ? Je me rendis alors à la confiserie ANDRES dans la Spargasse et demandai pour 5 Pfennig de bonbons. Quand je posai ma pièce de 2 marks, il me demanda : « d'où as-tu cet argent ? » je me justifiais et il me rendit ma monnaie. Mon frère resté dehors entendit le tout et me fit de nouveau rentrer et je dis : « si vous croyez que j'ai volé cet argent, alors reprenez vos bonbons et rendez-moi mon argent » . Au lieu de cela on me donna une gifle qui me fit tomber contre le comptoir. Du coup, il se fit un grand remue-ménage dehors, mon frère ayant entre-temps appelé mon père, qui, avec moi, arrangea l'affaire.

Le dimanche soir, Lucien KOSTANLER  et moi faisions souvent du canotage avec le bateau. J'avais 11 ans et mon camarade en avait 12. Encore une fois nous remontions l'Ill. Une vielle femme faisait sa lessive au bord de l'Ill. Alors que nous étions presque arrivés au pont de l'abattoir, nous entendions appeler « au – secours ». Aussitôt, nous fîmes rapidement demi-tour et vîmes que la femme était tombée à l'eau. Nous forçâmes alors sur les rames et la rattrapâmes. Par moments, on ne voyait plus émerger que la natte de cheveux. Nous prîmes la femme en train de se noyer sous les bras et la tirâmes dans le bateau. Le lendemain, nous avons déclaré le fait à la mairie. Quelques jours plus tard, nous fûmes entendus séparément à la Direction de l'Arrondissement. Je me rappelle encore bien que j'avais dit : « tout d'un coup nous avons entendu rugir ».Le fonctionnaire qui m'interrogeait a dit : « le lion rugit !».Bon, d'accord, pensais-je. Au bout de quelques jours chacun reçut une lettre du Directeur de l'Arrondissement. J'ai encore la mienne aujourd'hui. Pour notre courage et notre détermination, chacun reçut 20 marks.

Mon frère de 9 ans Ignace, et moi étions en train de faire du hachage. Lui tournait et moi j'engageais la paille. Je me suis penché pour ramasser de la main gauche quelques fétus de paille et me pris la main droite dans le mécanisme, ce qui m'a mutilé le pouce. Mon père m'emmena chez le médecin, le Dr.RINGEISEN (rue du Vieux-marché). Moi, cela ne m'a rien fait, mais mon père s'est senti mal.

Une autre fois, je devais ramener de la viande de chez le boucher, pour la Saint­Etienne. Lorsqu'après la Katzengasse j'allais vers le Katzensteg, je m'amusais à jouer à moi tout-seul à colin-maillard, fermais les yeux, tournais le coin et vlan! atterrissais avec le menton sur l'escalier de pierre et saignais abondamment. Jadis, le bois était amené par bateau ; c'était l'hiver. Je portais des sabots. Je pris une brassée de bâtons mais glissais, et l'un des bâtons me perça la joue, ce qui fait que j'ai de nouveau dû aller chez le docteur.

En hiver, nous allions toujours à l'école en sabots. Comme nous étions des enfants, chacun de nous voulait faire la plus belle glissade, et moi, une fois, je suis tombé si malencontreusement sur l'arrière de la tête que cela m'a fait une commotion cérébrale. L'instituteur me renvoya à la maison, car j'étais devenu amnésique. Ma mère était assise près de mon lit et peu à peu la raison me revint.

Nous étions une fois à trois au cours d'une partie de canotage, c'était juste l'époque où les fraises commençaient à mûrir dans le jardin du voisin. La tentation était trop forte. Mais à peine y étions-nous rentrés, que nous voilà attrapés et moi, reconnu et accusé à la maison. Les deux autres m'ont menacé si je les dénonçais. J'ai donc dû expier tout seul, car mon père se défit aussitôt de sa ceinture de cuir.

Nous, les jeunes, nous bagarrions souvent à la sortie de l'école. Un jour, quelqu'un m'a jeté du poivre dans les yeux. Je hurlais de douleur et on m'emmena au lavoir à côté de la scierie, m'installa sur le banc de lavage pour me rincer les yeux, car je ne voyais plus. J'ai eu plus de chance durant mes 3 dernières années de scolarité, car nous eûmes un nouvel instituteur, du nom de Alfred OSTWALD surnommé « Fissele ». C'était un Ersteinois.

Un voisin, le calfat Joseph RAPP- Collection privée

Dans mes jeunes années, les jours où il n’y avait pas classe, j'avais le droit d'accompagner grand-père en bateau dans la forêt, par Krafft, vers la Sommerlei. Dans les longues rigoles nous cherchions des baguettes de noisetier pour confectionner des nasses à anguilles et des bâtons de troène pour fabriquer des arcs de Wartloff. Quand les noisettes étaient mûres, nous en cueillions quelques-unes. Les noisetiers penchaient au-dessus de l'eau et nous les secouions pour faire tomber les noisettes dans le bateau. Il nous est arrivé de ne pas avoir de pain avec nous.

Grand-père Ignace- Collection privée

Les jours de congés scolaires, c'est mon grand-père qui me gardait. En hiver il tricotait des filets à poissons, et aussi des gants ou des chaussettes. Il en profitait pour beaucoup me parler de sa jeunesse, comme avec son père il naviguait sur le Rhin pour transporter des pierres du Rhin et qu'il devait s'agenouiller dans le bateau pour prier le chapelet et qu'on l'attachait pour qu'il ne tombe pas à l'eau. Mon grand-père travaillait, avant d'être invalide, pour la firme WITTENBURG. C'est en 1908 ou 1909 que fut construit le collège ; il y travaillait comme contremaître. Comme il ne savait pas rouler en vélo, c'est moi qui lui apportais le repas de midi.

En fin d'année 1909-1910, du bois était vendu aux enchères dans la Sommerlei et des inondations étaient annoncées. Le bois était souvent flotté par bateau. Nous nous approvisionnions à l'aide de deux petites barques et d'un bateau plus grand. Et nous voilà partis pour chercher du bois. Dans chaque barque nous chargions de 2 à 2-1/2 stères et le bateau était chargé de troncs. Bien qu'ayant déjà atteint la soixantaine, mon grand-père pilotait seul ce bateau. Les deux barques étaient accouplées, mon père y était debout et pilotait. Mon oncle Joseph, mon frère Ignace et moi devions nouer les barques à l'aide d'une longue corde. Entre-temps, l'eau montait et l'inondation devenait de plus en plus forte, au point que la berge du canal de déversement était par endroits inondée et que nous devions patauger dans l'eau. A la tombée de la nuit nous arrivâmes à Krafft et après passage de l'écluse, on m'envoya à la maison, où on commençait à s'inquiéter en raison de la longue absence. Nous avons tiré les bateaux jusqu'au Murgiessen, où nous les avons récupérés le lendemain.

Famille FASSEL - Collection privée

Le jour suivant ma Communion Solennelle, vers 11 heures du matin, nous avons fait du canot. Je portais mes vêtements du dimanche. C'était en avril. A la suite d'une manœuvre maladroite, j'ai perdu l’équilibre et suis tombé pardessus bord dans l'eau froide, sur un banc de boue.

Un jour j'ai gardé mon frère Joseph. Il était encore dans sa poussette et moi j'avais environ 7 ans. Nous avons fait la course, vu qu'un autre jeune était présent. Il s'agissait d'arriver le premier au coin après la Kuhgasse (Gartengasse). Et c'était parti. Lorsque je voulus tourner le coin, la voiture roulait sur 2 roues, tomba sur le coté, et du coup, le petit fut éjecté. Une dame le ramassa et le ramena à ma mère. Je fus de nouveau trahi et pris une raclée.

Comme ma mère me l'a raconté à plusieurs reprises, il s'est aussi passé la chose suivante : sur la Gänsmätteln nous possédions un pré de 50 ares, sur lequel nous avions aménagé et clôturé un potager. Le pré avait aussi une clôture faite de haies. Père et mère s'occupaient du potager. Avec le bateau, il suffisait de traverser le Mühlbach, et déjà on était au potager. Ignace avait 2 ans, et moi j'étais en calèche (voiture d'enfant). Le pré descendait en pente assez abrupte vers l'eau. Le garçon tripota la calèche, elle se mit en mouvement, et déjà elle était dans l'eau. Cependant, le garçon ne la lâcha pas, et prit donc un bain avec moi la voiture, heureusement, ne s'est pas renversée. A l'époque déjà j'avais un brave ange gardien.

Une fois, des oies nageaient près de chez nous près du rivage. Je pris un petit caillou, et me demandai laquelle j'arriverai à toucher. Justement, j'en ai atteint une en plein sur la tête, ce qui fit que pendant un moment elle évoluait la tête sous l'eau. La propriétaire était à faire sa lessive, et je me suis planqué à toute vitesse.

Evoquons encore une autre anecdote. Je me souviens encore que vers 1904 il y avait des inondations à Erstein. C'était peut-être aussi plus tôt. J'avais 4 ou 5 ans. Tout le Brühly était sous eau. C'était tard dans l'année. Sur le Niederrott, l'oncle avait un terrain planté de betteraves, qui étaient également sous eau. Mon grand-père, mon oncle et moi sommes allés là-bas en bateau, jusqu'au pont, là où sont maintenant les jardinets, et sortions les betteraves à partir du bateau. Après la régulation de l'Ill en l'année 1905,i1 n'y eut plus d'inondations. Suite à la régulation, disparut aussi le petit ruisseau entre le Brühlyeck et la Holzbrücke, que j'ai emprunté à plusieurs reprises en bateau.

 

Encore quelques souvenirs datant de ma période scolaire

Le Katzengarten était jadis propriété de la brasserie KLOTZ. C'est ici que l'on calfatait les tonneaux à bière avec de la poix chaude. On plantait aussi du houblon dans le jardin. C'est vers 1909 que le jardin fut loti en parcelles occupant environ 1 ha et vendu. Dans le domaine que nous avons acquis il y avait plus tôt un constructeur de bateaux. Je me rappelle encore très bien comment il travaillait. De même que chez la voisine, Mme BOHN où la famille RAPP construisait des bateaux pratiquement jusqu'à la 1ère Guerre Mondiale.

La Lohmühle, située près dudit Katzensteg où nous passions tous les jours, était propriété des frères ANDLAUER. Ici on tannait des peaux de bêtes. Elles étaient d'abord accrochées à des pieux en fer dans l'eau, puis préparées avec du tan. L'arrivée de la première automobile à Erstein était un événement pour nous, les enfants. Et pareil pour le BRUEDERLE avec sa première scie à bois motorisée. C'est à son sujet qu'on chantait ces vers : « Le Braderie avec sa machine à scier, il la fait tourner avec ? ? ?"de l'essence ? ? ?, et quand elle ne peut plus marcher, il y attelle le Kreve et Xaveri-le-tordu. »

Encore autre chose. L'empereur Allemand Guillaume II est une fois venu en visite chez le Baron ZORN von BULACH à Osthouse. Toutes les classes de l'école d'Erstein devaient se rendre à Osthouse et se mettre en position dans les rues. Le cortège de 5 — 7 voitures arriva. Nous, les écoliers, avions pour consigne de crier « hourrah » en guise de salutation.

Jadis, dans le Ried, on plantait du houblon. En automne, les paysans du Ried apportaient directement du champ le houblon "à Erstein, par voitures entières. Le houblon était ensuite cueilli dans des granges vides. Les gens pauvres pouvaient alors y gagner un peu, et on leur dormait aussi des fruits : pomme, poires et prunes qui abondaient dans le Ried. Le soir on entendait de belles chansons populaires, jusque tard dans la nuit.

 

Mes jeunes années: de 1913 —1917

C'est après une dernière leçon de calligraphie avec M. L'instituteur Alfred OSTWALD que j'ai été congédié de l'école. J'y suis resté 3 durant dans l'avant-dernier niveau, car, comme je l'ai déjà mentionné, je n'apprenais que difficilement. Après mon congé de l'école, j'aidais mon père et mon oncle à la gravière. Comme notre propriété jouxtait l'eau, nous avions un bateau avec lequel nous partions au travail le matin, rentrions pour le repas, puis repartions. C'était le chemin le plus court pour nous rendre à la gravière : 300 mètres. L'exploitation de la gravière sera relatée dans un autre article.

En 1914 éclata la Guerre Mondiale, ce qui fait que notre entreprise se trouva provisoirement mise au repos. La petite agriculture que nous pratiquions en « à-coté » ne nous donnait pas assez de travail. Ce qui fait que j'aidais partout où cela était nécessaire chez les agriculteurs, et travaillais aussi pendant un moment à la batteuse. Mon oncle Joseph travaillait pour la firme HOFFMANN / WITTENBURG. Plus tard il devint soldat, mais au bout d'un an il fut réclamé par l'entreprise où il retravailla comme contremaître jusqu'à la fin de la guerre. Mon frère Ignace travailla près d'une année dans la boulangerie SCHWAAB, puis, également dans la firme HOFFMANN-WITTENBURG, jusqu'à ce qu'il tombe malade en 1916 et décède le 5 juin de cette année à l'âge de 18 ans. Quinze jours après sa mort, il fut touché par un ordre de mobilisation. C'est ainsi que nous nous consolions en nous disant que c'était notre contribution comme sacrifice à la guerre.

En 1915, moi aussi je rejoignis cette entreprise. Mon premier chantier était un bunker militaire à Plobsheim où je n'ai travaillé que quelques jours en compagnie de prisonniers russes. Comme depuis ma prime jeunesse j'étais familiarisé avec les bateaux et l'eau, on m'affecta à la Direction Fluviale. Maintenant j'aidais à la consolidation des berges, extraction de gravier et en hiver, à immerger des blocs de pierre pour la fortification fluviale au niveau de Krafft. Dans le Geisgiesen, sous la direction de l'ingénieur BRAUN, nous avons ancré des éperons afin que l'eau n'emporte pas la berge.

Après l'hiver je suis revenu à la firme, où je fus affecté à l'excavatrice près de Wiebolsheim, qui travaillait à la régulation de l'Ill. Au printemps, nous avons travaillé pendant quelques semaines à l'extraction des boues dans les fossés qui longeaient les murailles de Strasbourg. Ensuite, avec l'excavatrice nous avons rejoint le Petit Rhin pour y creuser un fossé transversal destiné à l'immersion d'un câble militaire. C'est ainsi que je restais à l'excavatrice. Nous avons, par étapes, curé de sa boue le canal de la Marne au Rhin, de Strasbourg jusqu'au - delà de Sarrelouis. Chaque semaine je rentrais à la maison. Cela me plaisait, et c'est comme cela que j'ai appris à connaître la région ainsi que toutes les voies d'eau par leurs noms. Mais tout a une fin. C'est ainsi que j'ai dû, après le décès de mon frère, rester à la maison. Il y avait de nouveau du travail à la gravière et il fallait cultiver les champs. La plupart du temps, j'étais à la gravière, jusqu'en 1917. Entre-temps, j'ai atteint l'âge d'être incorporé, et c'est ainsi que j'ai rejoint l'armée le 13 juin 1917. Dans un prochain article je parlerai de la genèse de la gravière et ensuite de ma vie de militaire.

 

Mes rôles au théâtre.

Depuis ma jeunesse, j'aimais faire du théâtre. Je me rappelle la fête de Constantin en 1911. J'ai participé au spectacle qui présentait des tableaux vivants. Le thème : 'Par ce signe tu vaincras'. En 1913, à peine sorti de l'école, j'ai eu le plus petit rôle. Dans « Jacques Von Artevelte » et dans « Garcia Moreno »  je tenais le rôle du sorcier Indien. En 1914, quand la guerre a éclaté, tout s‘est arrêté. A partir de 1916, le premier étage de l'immeuble où se trouve actuellement la quincaillerie MEYER, a été loué peu à peu pour l'Association des Jeunes. Là aussi, on jouait du théâtre, mais uniquement pour les jeunes.

Après la guerre, en 1919 ou 1920, nous avons joué « Hohenburg» une pièce sur la vie de Sainte Odile, de STINTZI. Ici, j'ai joué Mauerus, le chapelain du château. A partir de là, j'avais presque toujours les premiers-rôles. Dans  «Die Spielleutkônigin von Dusenbach », je tenais le rôle du roi des ménétriers, Guglielmo.

En 1922 « Roesslmann der Scultheiss von Kolmar » et encore une fois , « Garcia Morenos Tod » avec le rôle-titre.

J’ai également joué dans le « Feind des Messias » , dans le rôle d’Hérode, dans « Schmalzer», l'aumônier de la prison, dans «`Bei den Klosterstürmer », encore une fois l'Abbé, dans « Pabst Leo IX », j'étais le Chevalier Rudolf.

J'ai joué également  Jean-Baptiste dans la pièce « Saul der Prophet Samuel »

Mon apogée a été atteinte avec la «Die Passion Jesu Christi » avec de nombreuses reprises de 1932 à 1935.

Durant ces 3 ans nous avons représenté 30 fois la Passion et la Mort du Christ. Dans la première partie, je tenais le rôle d'un apôtre, et menais le petit âne lors de l'entrée dans Jérusalem. Dans la deuxième partie, je jouais le Centurion Romain Longinus.

Pendant de nombreuses années, je fus le Président de la Section Théâtrale. Comme mon audition baissait, je me suis retiré de moi-même. Dans les pièces « Wilhelm Tell » et « St. Sebastian », je tenais des petits rôles secondaires.

Mais l'époque de la splendeur du théâtre est passée. Les gens sont devenus prisonniers de la télé et de l'auto, et la jeunesse suit son propre chemin.

 

Ma famille de 1922 à nos jours

Et maintenant, je tiens à vous présenter ma famille.

Comme je le disais au début de cet article, mon père est né le 6 septembre 1873 à Erstein. Il a travaillé comme cuisinier pendant 3 ans dans la marine à Guxhafen à proximité de Hambourg. Il est décédé en 1927 à l'âge de 54 ans. Il a toujours été incommodé par un cou gonflé qu'il s'était pris dans la marine.

Ma mère, Anna Maria née JAEGER est née à Erstein le 15 août 1873 comme fille de Michel JAEGER et Maria KUHN. Elle est décédée en 1947 à l'âge de 74 ans.

J'avais encore trois frères et sœur. Mon frère aîné Ignace est né le 18 octobre 1897 à Erstein et il est décédé en 1916 à l'âge de 18 ans. Moi, je suis né le 14 mars 1899 à Erstein. Mon frère Joseph est venu au monde le 24 mars 1905. Ma sœur unique Marie 'Thérèse est née le 10 avril 1908 à Erstein et elle est décédée en 1922 dans sa quinzième année.

Collection privée

Comme ma mère avait des problèmes de santé, j'ai décidé de me lier à une brave jeune-fille en vue d'un mariage. C'est le lendemain de la Toussaint, en 1922 que j'ai rencontré ma future femme. Elle s'appelait Marie-Madeleine FRIEDRICH, née le 8 mai 1899 à Erstein. Elle était la fille du tailleur et employé communal Joseph FRIEDRICH, qui est décédé en 1941 à l'âge de 80 ans. Ma belle-mère Mélanie, née MULLER était originaire de Michelbach-le-Bas dans le  Haut-Rhin, et elle est décédée en 1939 à l'âge de 73 ans.

Ma fiancée est partie pour une année à Paris pour s'initier à la langue française, car à l'école nous n'avions pas appris un mot de français. Elle est rentrée chez elle en janvier 1923, et avait encore 5 mois devant elle pour les préparatifs du mariage.

Collection privée

Nous nous sommes mariés le 15 mai 1923. Pendant qu'elle était à Paris, nous avons négocié avec notre voisin MAY et acquis sa propriété pour 40.000 francs. Il nous fallait de la place et devions rapidement réaliser de grosses réparations.

Collection privée

Concernant les événements de la guerre 1939-45, je n'ai pas tout raconté. Lors de l'invasion Allemande de 1940, j'ai été rappelé. Je fis mes adieux et suis parti le cœur lourd, en vélo. But : Plombières-les-Bains. Je suis arrivé jusqu'à Villé, où j'ai encore rencontré beaucoup de gens, mais nous n'avons pas pu continuer, car les Allemands étaient déjà derrière les Vosges. Nous avons donc fait demi-tour et sommes rentrés chez nous.

Etant père de 5 enfants, je n'ai plus été incorporé comme soldat. Dès le début, et cela pour 3 mois, notre maison servait de garnison pour 15-18 hommes. Pendant cette durée nous avons vécu du bon et, parfois aussi, du désagréable. Les soldats devaient à tour de rôle se rendre à leur poste dans la forêt du Rhin. Dans notre maison, à l'étage supérieur, nous avons mis deux pièces à leur disposition. Une fois, ils ont ramené une biche qu'ils avaient abattue en forêt. Nous devions en faire un repas du soir pour 40 hommes. C'était même un repas d'adieu, car quelques jours plus tard, ils furent mutés. Nous eûmes une nouvelle garnison, qui nous aidait à la gravière, comme déjà relaté.

Collection privée

 

 

 

 

Photo de Claude HEYM

 

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Conserver le passé,

dans le présent,

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1er novembre 2012

par son webmestre

et propriétaire

Jean Louis Eschbach

 

 

 

déja

visiteurs

 

 

 

 

Communiqués

 

L'Assemblée générale ordinaire de l'exercice 2016 a eu lieu le

17 Mars 2017

à 20hoo

à la Salle Hanfroest

(près du stade)

 

Nous avons un nouveau Président

Guy HANSEN

 

 

 

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Participation aux

Journées Européennes du Patrimoine

les 16 et 17 Septembre 2017

à Erstein

 

 

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L'association a le plaisir de vous révéler qu'au courant de l'année 2017 elle va éditer un livre qui fait suite et finalise notre exposition "Mémoires du mondre agricole  d'Erstein" de 2014.

 

Nous vous tiendrons au courant de l'évolution de ce projet et de la probable souscription qui va être annoncée et lancée lors de  notre AG.

 

La date de parution est prévue pour les journées du patrimoine

 

 

 

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Projets de la

nouvelle équipe

 

 

Un projet d'exposition à l'Etapenstall est à l'étude pour la saison 2018-2019 Le thème serait en relation avec la conception de la maison à colombage

 

 

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Un projet de refonte de notre site internet est en cours de réflexion et débouchera sur une nouvelle proposition au courant  2018

 

 

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Un projet de permanence mensuelle est à l'étude dans le but de rendre notre équipe dirigeante plus proche de la base et, par la même, de créer une nouvelle synergie.

 

 

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