Photo Claude HEYM
Photo Claude HEYM
 

 

Prenant un bout de lin déjà filé, elle en enroule un bout sur l'envidoir du rouet et tord l'autre bout autour de l'un de ceux du bas de la quenouillée. Elle commence alors à filer, en plongeant de temps en temps ses doigts dans un bol d'eau, pour mouiller le lin et le rendre plus souple. Avec les doigts de sa main gauche, elle empêche le mouvement de torsion de se propager dans la filasse de la quenouille, tandis , qu'elle extrait les fibres de celle-ci et redresse les vrilles -avec sa main droite. Au besoin, elle tourne la quenouille du côté le plus commode et, quand cela devient nécessaire, dénoue le ruban et le rattache plus haut. Toute la quenouillée est filée ainsi.

 

Quand il a été filé, le lin est prêt à être tissé sur un métier comme toute autre sorte de fil. Autrefois, chaque ferme qui pouvait cultiver le lin ne s'en privait pas, chaque fileuse le filait sur son rouet et toute la mai­sonnée passait une bonne partie de l'année à le préparer. Une fois par an, le tisseur ambulant venait à la ferme avec son métier et tissait le tout pour la famille. Et c'est ainsi que l'on créait le vrai bien-être.

 

 

 

 LA SOIE

 

 

En 1900, dans le sud de la France, un million de personnes étaient employées dans la production et la transformation de la soie. Vers les années 60, le nombre en était réduit à zéro. A part une poignée de fervents qui ont conservé quelques vers à soie et mûriers pour le plaisir ou par nostalgie, l'industrie est morte. Les grandes usines de Lyon sont toujours en activité, ainsi que celle de Milan, autre ville de la soie, mais leur matière première vient de Chine ou d'autres pays d'Extrême-Orient.

 

L'industrie française de la soie

Le ver à soie a été introduit d'Espagne et d'Italie en France au XV ème siècle. A la fin du XVII ème , la sériciculture (l'élevage des vers à soie) était florissante et encouragée par Louis XIV. La maladie a failli la faire disparaître en 1853, mais Louis Pasteur y trouva un remède et l'industrie restaurée devint le principal soutien de mainte famille méridionale française. Hélas, l'ouverture du canal de Suez a dégradé la situation en abaissant le prix de la soie importée d'Orient. Aujourd'hui, la production française de soie indigène n'est presque plus qu'un souvenir.

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Formation du cocon

Les vers à soie filent leur cocon dans un endroit élevé à l'écart des feuilles de mûrier dont ils se nourrissent. La paille, la bruyère ou la broussaille, placées sur un plateau, sont idéales pour les recevoir. Le ver rampe sur les branches et s'y installe pour filer sans arrêt, trois jours durant, en sécrétant un épais liquide visqueux qui durcit à l'air et forme un fil dont il s'enveloppe. Chaque ver produit un fil d'une longueur de 2,5 km, environ.

 

Où que l'on aille dans les Cévennes, on peut voir de longs bâtiments, flanquant les fermes, avec de très petites fenêtres et de nombreuses cheminées. Si l'on regarde à l'intérieur, on remarque qu'ils sont vides ou simplement utilisés pour le rangement. Leurs murs ont été noircis par d'anciens feux. On peut encore y trouver les restes de plateaux de canne tressée sur lesquels des milliers de vers à soie vivaient et dévoraient des tonnes et des tonnes de feuilles de mûrier. Ces bâtiments sont des magnaneries, un mot occitan qui vient du nom du ver à soie, magnan, en langue d'oc ; c'est là qu'on les nourrissait.

 

On rencontre aussi d'autres constructions plus importantes, souvent caractérisées par leurs grandes fenêtres ogivales : ce sont les filatures. Il en existe presque une par village. Les fermiers y apportaient leurs cocons pour les vendre au propriétaire. A celui-ci, ou du moins aux jeunes femmes qu'il employait, revenait la tâche délicate de dévider la soie des cocons. Elle était ensuite achetée par des commerçants ambulants qui la transportaient à Lyon pour la vendre aux grandes filatures et usines de tissage de la ville.

 

Un renouveau industriel

Bien que la production de la soie n'ait fait qu'agoniser durant ce siècle, comme tant d'autres «métiers oubliés », elle n'est pas morte et connaît aujourd'hui une renaissance sensible. Enquêtant à ce sujet, des journalistes sont allés au village de Monoblet où le jeune maître d'école travaille à l'avènement de ce renouveau. Mr Wolgram Mollison a suscité assez d'intérêt dans sa localité pour réunir des fonds qui ont financé la création d'une petite usine ; on y transforme la soie, de l'état de cocon jusqu'au vêtement fini et teint. Il possède de délicates machines, conçues par d'ingénieux Japonais, qui dévident la soie du cocon ; des machines à filer ; des métiers automatiques et des machines à coudre. Quand elle a été visitée en 1983, l'usine utilisait encore de la soie orientale, mais on espère dépasser ce stade à l'avenir; en effet, Mr Mollison a persuadé de nombreux propriétaires de le laisser utiliser leurs terres inexploitées (il en existe beaucoup) et il y a - déjà planté des milliers de mûriers. Il parvient à inciter de plus en plus de paysans, surtout des femmes, à reprendre la production des cocons, bien qu'il admette que, pour l'instant, la sériciculture soit plutôt pratiquée pour l'amour de l'art. La soie importée est encore trop bon marché pour qu'il soit possible de la concurrence, mais il fait remarquer que les salaires de Corée du Sud, d'où la plupart de la soie est importée, vont en augmentant; le temps viendra où il ne sera plus rentable de la fabriquer là-bas et de l'expédier à l'autre bout du monde. Il arrivera un jour, j'en suis sûr, où les producteurs de soie des Cévennes seront de nouveau en activité, les efforts de Mr Mollison leur ayant fait prendre un nouvel essor. Ainsi, grâce à l'enthousiasme d'un petit groupe inspiré par l'acharnement et la foi de cet homme, on réapprend l'art de la sériciculture et on prépare l'avenir de futures générations.

 

Les feuilles et les vers

Pour produire une quantité raisonnable de soie, il faut un nombre prodigieux de feuilles de mûrier. Le mûrier blanc chinois, Morus alba, est robuste et convient parfaite­ment, mais le mûrier noir, Morus nigra, donne un fruit meilleur à notre goût que celui du premier et semble aussi bon pour le ver à soie.

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Marie, une jeune fille d' une ferme proche de Saint-Hippolyte­du-Fort, dans les Cévennes, élève 10 000 vers qui mangent les feuilles de 25 mûriers par mois environ 100 dm3 par jour. Elle doit cueillir des feuilles fraîches chaque jour, ce qu'elle fait en introduisant simplement les branches dans un grand sac et en les effeuillant à la main. Oublier un jour serait fatal: cela perturbe la vie régulière des vers et pourrait les tuer.

Les vers occupent un coin de la vieille magnanerie paternelle. Il faut compter environ vingt-sept jours entre l'éclosion et le moment où le ver commence à filer son cocon, et plus il grandit plus il a faim. Il faut scrupuleusement ôter les excréments, qui sont abondants, et toutes les feuilles non consommées.

Quand les vers viennent de naître, on hache les feuilles en petits morceaux pour les alimenter; ce n'est plus nécessaire au bout de quelques jours. Marie utilise des plateaux en osier tressé montés en étagères ; elle dispose des branches de bruyère ou des broussailles sur ceux-ci quand les vers deviennent plus gros. Le moment venu, ils se répandent dans ces rameaux pour y filer leur cocon.

Quand, après trois jours de labeur continu, les vers ont terminé leur enveloppe, il faut les tuer; sinon, ils sécréteraient un alcali qui rongerait la soie et la détruirait. Marie les tue en les plaçant dans des sacs en papier qu'elle laisse pendant vingt minutes dans un four chauffé à 93 °C ; elle m'a toutefois dit qu'en les exposant sous un soleil chaud pendant un jour on obtenait le même résultat.

 

Filage de la soie

Si l'on ne dévidait pas la soie très rapidement, quand on a tué les vers, ils commenceraient à empester et à souiller le cocon.

 

Marie a montré comment elle s'y prend. Bien qu'une grande partie de ses cocons aille à la nouvelle usine, elle produit elle-même du fil selon ses modestes moyens, de la manière la plus simple possible, avec une bobine maison faite de deux rectangles de carton emboîtés l'un dans l'autre et d'une branche servant de poignée.

Elle jette huit cocons dans un bol d'eau proche de l'ébullition ; l'intérieur du bol est noir, ce qui permet de mieux distinguer la soie. Très vite, le fil de chaque cocon commence à se détacher et à flotter. Elle rassem­ble les huit bouts de fil avec une pince à épiler, les tord ensemble et les fixe par un noeud sur le «rouet». Elle commence à tourner la bobine avec précaution et enroule le fil de soie. Quand il n'en reste plus sur le cocon, une petite larve ratatinée tombe au fond de l'eau ; on est loin de la grosse chenille de 8 cm de long qui avait construit cette enveloppe.

Marie aime bien produire de la soie ; elle sait pourtant que ce n'est pas le chemin de la fortune : il faut 500 vers à soie, ou 80 kg de cocons, pour obtenir 1 kg de soie brute. La production totale de Marie, avec ses 10000 vers et ses 25 mûriers, s'élevant à 20 kg de soie par an, le gain n'est pas énorme.

 

Soie et acier

La production de la soie semble une occupation bien frivole pour être mentionnée dans ce livre. Mais il faut considérer que la soie est de loin le matériau le plus solide dont nous disposions et, à épaisseur égale, on la dit plus robuste que l'acier. On en fait un superbe tissu, chaud quand il fait froid et vice versa. Pourquoi nous, Occidentaux, devrions-nous nous refuser un tel luxe que nous pouvons très bien produire, même si cela demande beaucoup de travail ? Il suffit, et c'est possible, d'aimer cette activité.

 

John Seymour

 

 

 

Photo de Claude HEYM

 

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Communiqués

 

L'Assemblée générale ordinaire de l'exercice 2016 a eu lieu le

17 Mars 2017

à 20hoo

à la Salle Hanfroest

(près du stade)

 

Nous avons un nouveau Président

Guy HANSEN

 

 

 

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Participation aux

Journées Européennes du Patrimoine

les 16 et 17 Septembre 2017

à Erstein

 

 

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L'association a le plaisir de vous révéler qu'au courant de l'année 2017 elle va éditer un livre qui fait suite et finalise notre exposition "Mémoires du mondre agricole  d'Erstein" de 2014.

 

Nous vous tiendrons au courant de l'évolution de ce projet et de la probable souscription qui va être annoncée et lancée lors de  notre AG.

 

La date de parution est prévue pour les journées du patrimoine

 

 

 

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Projets de la

nouvelle équipe

 

 

Un projet d'exposition à l'Etapenstall est à l'étude pour la saison 2018-2019 Le thème serait en relation avec la conception de la maison à colombage

 

 

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Un projet de refonte de notre site internet est en cours de réflexion et débouchera sur une nouvelle proposition au courant  2018

 

 

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Un projet de permanence mensuelle est à l'étude dans le but de rendre notre équipe dirigeante plus proche de la base et, par la même, de créer une nouvelle synergie.

 

 

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