Photo Claude HEYM
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Cardage

Le cardage sépare et aligne les fibres de la laine destinée au fil de laine filée. La photo montre l'extraction des fibresd'une carde par l'autre.

 

Le cardage de la laine est un travail très délicat. On prend une poignée de laine brute que l'on place entre deux cardes à main. Celles-ci étant opposées l'une à l'au­tre, on la peigne jusqu'à ce que les petits crochets métalliques dispersent les fibres. On tourne alors les deux instruments dans le même sens et on ne récolte les parcelles de laine que sur l'un d'eux. On retourne celui-ci sur l'autre et on recommence à pei­gner vigoureusement. Il faut répéter cette opération une demi-douzaine de fois avant que toute la laine soit parfaitement cardée, c'est-à-dire que toutes les petites fibres soient séparées les unes des autres. Ce tra­vail achevé, on prend la laine dans ses mains pour la rouler doucement et former un cylindre qui ressemble à une longue sau­cisse, et représente l'équivalent des longs rubans sans fin des filatures. Il ne reste plus qu'à filer et tricoter ou tisser pour obtenir ce qu'on peut appeler un incomparable tissu.

 

Une fibre pour toutes saisons

Je voudrais parler encore une fois des qualités de la laine, car je pense qu'on n'en chantera jamais assez les louanges. Merveilleusement chaude, extrêmement durable, étanche au vent, abritant bien de la pluie, agréable à porter, elle s'avère idéale pour les régions froides. L'homme n'a encore rien inventé qui ait une aussi grande variété d'usages. Si on suit le déroulement de la préparation de la laine comme je l'ai écrit plus haut, on aboutit à un fil élastique dont les fibres sont enlacées en spirale; c'est le fil de laine cardée, léger mais volumineux et donc chaud. Il est parfait pour le tricot.

 

Ce n'est cependant pas l'unique manière de préparer et de filer la laine. Si on observe une pièce de drap de laine fine, on remarque que les fibres diffèrent beaucoup de celles d'un pull-over. Le tissu est en fil de laine peignée; au lieu de la carder, on en passe les mèches entre les dents d'un peigne en acier pour séparer les fibres longues (le peigné) des courtes (la blouse) que l'on trouve toujours dans une toison. On garde les longues fibres parallèles et on les tord légèrement pour former un boudinage que l'on file ensuite. Il en résulte un fil très fin, lisse et idéal pour être tissé en un drap plat et dense convenant aux réalisations des tailleurs et des couturiers.

 

 

 

LE COTON

 

 

On file, tisse et teint le coton depuis les temps préhistoriques ; les anciennes civilisations de l'Inde, de la Chine et de l'Égypte ont produit des tissus de bonne qualité ornés de dessins ingénieux et très beaux. L'usage du coton s'est répandu de l'Inde vers l'Europe et, au IXème siècle de notre ère, les Maures le cultivaient en Espagne. Mais c'est le Nouveau Monde qui a été le plus grand producteur. Il fut d'abord planté dans la colonie de Jamestown en 1607. De très nombreux esclaves travaillaient sur les plantations, qui ont fini par transformer le sud des États-Unis en un vaste champ de cotonniers, et faisaient laborieusement la cueillette à la main. On expédiait alors le coton brut en Angleterre, où des milliers d'ouvriers peinaient dans les manufactures du Lancashire, tandis que leurs propriétaires faisaient fortune avec les tissus produits.

Le cotonnier appartient à la famille des malvacées; c'est un arbrisseau qui ne pousse que dans les climats chauds. La bourre, ou fibre, du coton brut recouvre les graines de la capsule. On doit d'abord enlever ces semences, travail qui était réservé aux doigts agiles des femmes esclaves. On le fait maintenant en usine avec des égreneurs mécaniques qui séparent la fibre des capsules puis récupèrent le coton brut.

Le brin (longueur de la fibre) est court mais se transforme facilement en fil. Quand le coton moissonné sèche, ses fibres s'aplatissent et se tordent naturellement ; il faut le battre avec des baguettes de saule pour le rendre duveteux et le nettoyer. Il est ensuite cardé, comme la laine mais plus aisément à cause de son brin court, puis peigné, ce qui couche ses fibres parallèlement ; il est alors prêt pour le filage. Quand on le file, il faut garder les mains proches l'une de l'autre et pédaler vivement pour être sûr de ne pas libérer trop de fil entre la quenouille et l'en-vidoir, sinon il se noue. Sorti du rouet, il est assez solide pour être tissé.

 

 

 LE LIN

 

 Le lin a probablement donné les premières fibres végétales que l'homme ait utilisées. Les Égyptiens le cultivaient et le tissaient il y a quatre mille ans et on sait que les Phéniciens vendaient un lin d'excellente qualité autour de la Méditerranée vers 1250 avant J.-C. Les Romains le faisaient également pousser et l'ont introduit dans le nord de l'Europe ; sa production était intense en Irlande et au pays de Galles vers le Vème siècle de notre ère. En Irlande comme en Égypte, le corps des chefs et des rois en était enveloppé à leur mort.

 

La culture du lin

Le lin pousse dans de nombreux sols, mais il préfère une bonne terre grasse et, pour donner de bonnes toiles, les étés frais et humides. Si le temps est sec pendant la moisson, tant mieux; mais on ne peut tout avoir. Les petites graines noires et brillantes, qui, broyées, fournissent une huile excellente, doivent être semées dans un sol finement labouré, à la fin de mars ou au début d'avril, à raison de 100 kg à l'hectare. On peut utiliser une semeuse ou, avec l'expérience, le faire à la main. On passe ensuite la herse et le rouleau.

La plante atteint 90 à 120 cm de haut et donne de belles fleurs bleu pâle ; un champ de lin fleuri constitue un régal pour les yeux. Quand les pétales flétrissent, les graines commencent à se former. On les laisse mûrir complètement si la récolte est destinée à la production d'huile; dans le cas où l'on ne s'intéresse qu'aux fibres, il faudra couper les tiges avant le début de la matura­tion, à la fin de juillet. La moisson se fait à la main. Les tiges sont alors liées en bottes (comme les gerbes de blé, mais plus petites) et mises à sécher.

 

Égrugeage et rouissage

Après la moisson, on procède à l'égrugeage: on passe les tiges dans un peigne d'acier, monté sur un bâti, pour en séparer les capsules qui seront ensuite broyées afin d'en extraire l'huile ou nourrir le bétail.

Dépourvues des graines, les bottes doivent alors subir le rouissage, traitement permettant aux bactéries d'attaquer et de décomposer la gomme, qui soude les fibres et le coeur inutile de la tige. On peut rouir le lin en étalant les bottes sur le sol, en plein air, puis en laissant la rosée et le soleil agir sur elles pendant deux à cinq semaines, et en les retournant de temps en temps.

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Ou encore, en faisant tremper la récolte entre huit et quatorze jours dans un bassin d'eau stagnante. Quand les tiges commencent à se fendre et à s'ouvrir, le rouissage est achevé. Plus le temps sera chaud, moins le séjour du lin dans l'eau sera long ; la durée de ce traitement est importante car son exactitude joue énormément sur la qualité du tissu.

Après le rouissage, on lave les tiges à l'eau, puis on les sèche. Pour cela, on les étend parfois en ordre régulier sur un pré tondu, si le temps est beau, ou en regroupant verticalement les bottes en moyettes. Dans certaines régions où le temps est imprévisible, on étendait le lin sur une plate-forme et on allumait un petit feu sous celle-ci. Cette méthode était toutefois risquée car il suffisait parfois d'une étincelle égarée pour que la récolte soit perdue.

 

Teillage et peignage

Le teillage consiste à séparer la filasse — la fibre textile — du reste de la tige. Artisanalement, on utilise la broie, un appareil très simple consistant en deux barres de bois parallèles entre lesquelles on en fait tomber une troisième montée sur charnière. On place une poignée de tiges sur les deux barres immobiles et on les bat en faisant pivoter la troisième. On casse et broie ainsi la partie ligneuse des fibres pour pouvoir les dénuder.

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Peignage

Cet artisan peigne les tiges de lin teillées. Il les passe dans une série de clous pour les débarrasser de toutes les matières non fibreuses qui peuvent rester dans la filasse — les fibres textiles — ainsi que des fibres trop courtes dont on fait l'étoupe qu'on utilise dans le calfatage et le rembourrage.

La phase suivante est le peignage. On passe la filasse dans un grand peigne autrefois, des rangées de clous afin d'éliminer les fibres trop courtes pour être filées. Ces dernières forment l'étoupe, qu'on utilise pour calfater les bateaux, rembourrer les matelas, faire de la ficelle et des cen­taines d'autres choses.

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Préparation et filage

Avant d'être filée, la filasse doit être préparée. Cela peut faire un charmant tableau si le travail est accompli par une jolie femme portant un tablier long. Elle en prend une poignée — la plus grosse qu'elle peut — et noue le milieu d'une longue ficelle autour d'un des bouts. Elle place ensuite ces fibres devant elle et attache le lien autour de sa taille. Elle pose la filasse sur son genou gauche (si elle est droitière), en prend la plus grande quantité possible entre le pouce et l'index et la place sur son genou droit. Elle reprend une autre pincée de filasse et la couche près de la première, mais un peu plus à gauche, et continue ainsi jusqu'à ce qu'elle ait formé un éventail. Elle dispose alors un autre éventail sur le premier mais en travaillant de gauche à droite, puis un autre de droite à gauche, jusqu'à ce que la poignée soit déployée en couches successives.

 

Elle coupe ensuite la ficelle nouée au sommet de la filasse et place une quenouille, dont le haut est tourné vers elle, le long d'un des côtés de l'éventail. Une quenouille est simplement un bâton court et noueux. Tenant l'éventail serré en haut et libre dans sa partie basse, elle l'enroule autour du bâton. Puis elle plante la que­nouille dans un trou prévu sur son rouet, noue le milieu d'un ruban au sommet et l'entrecroise en descendant autour de la filasse pour le nouer à la base.

 

 

 

 

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Communiqués

 

L'Assemblée générale ordinaire de l'exercice 2016 a eu lieu le

17 Mars 2017

à 20hoo

à la Salle Hanfroest

(près du stade)

 

Nous avons un nouveau Président

Guy HANSEN

 

 

 

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Participation aux

Journées Européennes du Patrimoine

les 16 et 17 Septembre 2017

à Erstein

 

 

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L'association a le plaisir de vous révéler qu'au courant de l'année 2017 elle va éditer un livre qui fait suite et finalise notre exposition "Mémoires du mondre agricole  d'Erstein" de 2014.

 

Nous vous tiendrons au courant de l'évolution de ce projet et de la probable souscription qui va être annoncée et lancée lors de  notre AG.

 

La date de parution est prévue pour les journées du patrimoine

 

 

 

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Projets de la

nouvelle équipe

 

 

Un projet d'exposition à l'Etapenstall est à l'étude pour la saison 2018-2019 Le thème serait en relation avec la conception de la maison à colombage

 

 

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Un projet de refonte de notre site internet est en cours de réflexion et débouchera sur une nouvelle proposition au courant  2018

 

 

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Un projet de permanence mensuelle est à l'étude dans le but de rendre notre équipe dirigeante plus proche de la base et, par la même, de créer une nouvelle synergie.

 

 

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