Photo Claude HEYM
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Les métiers anciens d’Erstein

 

 

Les Tisserands

 

 

 

Il est intéressant de se demander comment une idée aussi compliquée que celle de transformer des fibres naturelles en toile, en les filant et en les tissant, a pu naître. On a certainement trouvé très tôt le moyen de faire du feutre. Si l'on bat des fibres de laine humides avec un maillet, les minuscules écailles qui recouvrent chacune d'elles s'entremêlent et il en résulte du feutre. C'est avec cette matière que les Mongols construisent leurs yourtes, ou tentes, et en considérant le climat dans lequel ils vivent, ils utiliseraient un produit qui les abriterait plus efficacement s'il en existait un.

 

 LES ORIGINES DU TISSAGE

 

 Mais comment le tissage a-t-il pu évoluer? Cela a dû aller de pair avec la vannerie. Les hommes primitifs ont eu l'idée de tresser des roseaux ou des herbes et d'en faire des paniers pour transporter toutes sortes de choses. En partant de là, il n'y avait qu'un pas pour qu'une modeste femme des cavernes découvrît qu'en roulant de la laine entre ses doigts elle obtiendrait un fil grossier; et que si elle en couchait plusieurs parallèlement sur le sol et en entrelaçait d'autres en travers, comme pour un panier, elle obtiendrait un morceau de tissu dont elle pourrait se vêtir. Elle était la première tisseuse et venait d'inventer la chaîne et la trame. Car la première série de fils parallèles formait une chaîne, et la seconde, à angle droit, une trame.

 

 LE FUSEAU

 

 Tous les premiers essais de tissage ont dû être considérablement entravés par l'imperfection des fils utilisés. Le fil ne pousse pas naturellement sur le dos des moutons ou sur les cotonniers en longueurs prêtes à l'em­ploi. Il faut entremêler les fibres naturelles. L'invention du fuseau, avec lequel on file, représente donc un progrès considérable dans la technique du tissage.

 

Cet instrument consiste simplement en un petit bâton muni d'un crochet ou d'une entaille au sommet et d'un poids à la base. Beaucoup de sites archéologiques du néolithique ont fourni des exemples de ces poids faits en argile, épais de 5 à 8 cm et percés pour le passage du bâton. L'emploi du fuseau est simple : on accroche le sommet à une poignée de matière brute, laine ou coton, et on fait tourner le bâton. Le poids agit comme un volant d'inertie et le fuseau, en toupillant, extrait les fibres entremêlées et les transforme en un fil qui va s'allongeant. Si l'on continue d'extraire les fibres, le fuseau touche bientôt le sol ; à ce stade, on enroule le fil autour du bâton et on recommence. Le fuseau se trouve ainsi rapidement chargé d'un fil prêt pour le tissage.

 

LE ROUET 

 

 Le maniement du fuseau est laborieux mais ne demande que peu de concentration et s'avère préférable à la torsion du fil à la main. Or on a découvert un jour qu'il pou­vait être maintenu horizontalement sur un bâti et qu'une courroie le reliant à une roue pouvait remplacer les doigts pour le mou­voir. Le rouet était né et, avec lui, une source de fil continu de bonne qualité. La plupart des rouets sont entraînés par une pédale, ce qui laisse les mains libres pour alimenter le fuseau avec les fibres encore mêlées. Des rouets plus élaborés comportent un volant, lui aussi commandé par la roue mais à une vitesse différente de celle du fuseau ; cela permet de conserver une tension régulière du fil.

Agréables à utiliser, les rouets demandent cependant un travail long et ardu si l'on veut obtenir assez de fil pour pouvoir tisser. Ilfaut dix fileurs pour fournir le fil nécessaire au travail soutenu d'un tisseur manuel

 

PREMIERS MÉTIERS ET NAVETTES 

 

 Quand on peut filer, le pas suivant à franchir est de tisser ce qu'on a produit. Tous les métiers à tisser modernes semblent diablement compliqués, mais chaque organe est le fruit de recherches séculaires et, quand on a compris l'utilité et le fonctionnement de chaque pièce, tisser devient une seconde nature.

 

Le premier métier était probablement un bâti carré fait de quatre bâtons liés ensemble. On enroulait la chaîne autour de ce cadre et la trame était laborieusement entrelacée à l'aide des doigts ou d'une simple navette un bâton entaillé aux deux bouts autour duquel on enroulait le fil. le chargement d'une telle navette impliquait un dévidage fastidieux du fil du fuseau. C'est ainsi qu'on en vint à la navette en forme de bateau, qui comporte un fuseau chargé. Un simple métier n'a qu'une navette, ce qui ne permet d'entrelacer dans la chaîne qu'une trame d'une seule couleur. Pour obtenir des tissus multicolores, on doit avoir recours à plusieurs navettes chargées de couleurs différentes.

 

Navettes

Un bon tissage régulier dépend du passage ininterrompu de la navette à travers la chaîne. Les navettes ont la forme d'un petit bateau et transportent le fil de la trame sur une canette. Certaines navettes reçoivent directement le fuseau du rouet, ce qui économise le temps de charger une canette.

 

TENSION ET CHAÎNES LONGUES

 

Quand on tisse, il est très important de tasser la trame pour obtenir un tissu serré. C'est la fonction du peigne, primitivement un simple bâton qu'on passait à travers la chaîne, mais, sur les métiers modernes, un cadre comportant de nombreuses divisions verticales un peu comme un grand râteau entre lesquelles passe la chaîne. Une traction, exercée de temps en temps vers la trame, maintient le tissu serré. La tension de la chaîne a aussi son importance; à l'origine, elle était assurée par des poids accrochés au bas des fils qui pendaient librement. Le haut de ces fils étant fixé sur un bâti, la hauteur du métier déterminait donc celle du tissu fini. Celui qui a pensé à fixer chaque extrémité de la chaîne sur un rouleau a résolu le problème de sa tension et permis de produire des tissus beaucoup plus longs.

 

LA LISSE 

 

Si toutes ces évolutions étaient conformes à la simple raison, il a fallu un inventeur de génie pour créer la lisse. Si je devais choisir la demi-douzaine d'inventions les plus remarquables du genre humain, la lisse en ferait partie. Comme la plupart des inventions, elle est d'une étonnante simplicité. Passer alternativement la navette à travers les fils de la chaîne pour former la trame était un procédé lent quand tous ceux-ci se trou­vaient sur le même plan. Mais s'ils pouvaient être séparés de manière à laisser la navette courir entre eux en droite ligne, au lieu de les contourner par devant ou par derrière, l'opération était grandement simplifiée. D'où l'invention de la lisse.

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Comme le peigne, c'est une sorte de râtelier comportant des montants percés de trous à travers lesquels passe un fil de la chaîne sur deux. Quand on la soulève, les fils engagés dans les trous s'élèvent, et ceux qui passent entre les montants restent à leur place. L'espace ainsi créé, à travers lequel la navette peut passer sans problème, s'appelle l'encroix. De là, il était aisé de mettre au point une navette volante qui est automa­tiquement saisie avant de se trouver renvoyée très rapidement dans l'autre sens à travers l'encroix. Avec un métier muni de cette navette, le tisserand qui travaille à domicile est vraiment à son affaire.

I1 ne faudrait pas croire que faire fonctionner un métier soit une chose aisée. Coordonner les mouvements de la navette, de la lisse et du peigne demande une grande attention ; surtout quand de nombreux modèles de tissu comportent différentes couleurs sur la chaîne comme sur la trame et nécessitent l'emploi de plusieurs navettes.

Métiers à tisser

Les métiers les plus primitifs sont de simples cadres qui maintiennent les fils de la chaîne immobiles tandis que le tisseur fait laborieusement passer le fil de trame devant l'un de ceux-ci puis derrière le suivant. C'est ainsi que les Navajos, qui utilisaient le métier ci-dessous, tissaient une couverture. Le métier à dossière, en bas à gauche, est aussi primitif mais comporte une lisse le cadre rigide qui traverse la chaîne. On accroche le métier au mur, on boucle la dossière autour de ses reins et on fait fonctionner la lisse d'une main en lançant la navette de l'autre. Le gros métier, à gauche, peut être équipé de quatre, huit ou douze lisses, chacune étant faite de ficelle tendue sur des lames. On lève et baisse les lisses à l'aide d'une pédale, la marche, reliée aux lames.

Les métiers mécaniques font partie, bien sûr, d'un autre monde où une activité agréable est devenue un travail inconfortable, bruyant et mal rétribué. La navette circule à 100 km/h le bruit qui en résulte est infer­nal. Il suffit d'entrer dans n'importe quel bistrot d'un centre d'industrie textile et de parler avec les ouvriers. Il faut crier, le vacarme des usines les ayant assourdis. Leur travail a fait d'eux un simple prolongement.

 

 

 

 

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Communiqués

 

L'Assemblée générale ordinaire de l'exercice 2016 a eu lieu le

17 Mars 2017

à 20hoo

à la Salle Hanfroest

(près du stade)

 

Nous avons un nouveau Président

Guy HANSEN

 

 

 

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Participation aux

Journées Européennes du Patrimoine

les 16 et 17 Septembre 2017

à Erstein

 

 

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L'association a le plaisir de vous révéler qu'au courant de l'année 2017 elle va éditer un livre qui fait suite et finalise notre exposition "Mémoires du mondre agricole  d'Erstein" de 2014.

 

Nous vous tiendrons au courant de l'évolution de ce projet et de la probable souscription qui va être annoncée et lancée lors de  notre AG.

 

La date de parution est prévue pour les journées du patrimoine

 

 

 

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Projets de la

nouvelle équipe

 

 

Un projet d'exposition à l'Etapenstall est à l'étude pour la saison 2018-2019 Le thème serait en relation avec la conception de la maison à colombage

 

 

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Un projet de refonte de notre site internet est en cours de réflexion et débouchera sur une nouvelle proposition au courant  2018

 

 

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Un projet de permanence mensuelle est à l'étude dans le but de rendre notre équipe dirigeante plus proche de la base et, par la même, de créer une nouvelle synergie.

 

 

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