Photo Claude HEYM
Photo Claude HEYM
 

LE SELLIER - BOURRELIER

 

Histoire de la selle

 

La selle a bénéficié de deux importantes découvertes.

  • La première a probablement été empruntée par les Romains aux nomades mongols. On avait compris qu'un cheval irait plus vite et plus loin, et certainement avec moins de peine, si aucune charge ne pesait directement sur sa colonne vertébrale. On installa donc des coussins surélevés de chaque côté de la colonne.
  • Une seconde innovation fit vraiment du cheval un moyen de transport et également une machine de guerre efficaces : ce sont les étriers. Avec cela, un homme peut mieux se tenir sur sa monture, remuer, utiliser une lance ou une épée et franchir des obstacles. On ne sait pas exactement qui inventa ce dispositif simple mais efficace, mais il est sûr que les étriers étaient employés en Asie vers 500 ap. J.-C. d'où ils furent introduits en Europe au cours des siècles suivants.

Le petit musée du cloître de l'abbaye de Westminster expose ce que l'on prétend être la plus vieille selle complète du monde. Elle a été utilisée par Henri V et fut portée dans son cortège funèbre en 1422. Ce qui est intéressant à son sujet, c'est qu'elle ressemble énormément aux selles des Éthiopiens pour monter des mules. La selle d'Henri était en grande partie faite de bois avec un haut pommeau vertical et un troussequin peu incliné par rapport au siège. Elle donne l'impression d'être le genre de selle dont on ne risque pas d'être désarçonné par un coup de lance.

Structure d'une selle

Le dessin ci-contre montre le bois (l'armature rigide de hêtre contreplaqué, munie, ici, de ressorts en acier) intercalé entre la partie supérieure de la selle et la partie inférieure soigneusement rembourrée appelée panneau. Les pointes du bois s'insèrent dans les poches de pointe cousues sur le panneau quand celui-ci est finalement lacé sur la partie supérieure.

 

Confection d'une selle

 

Un profane qui regarde une selle moderne peut difficilement s'imaginer en train d'en faire une, car une selle est un objet très complexe qui requiert toute l'habileté et expérience de l'artisan. Quand le sellier doit faire une selle sur mesure pour un cheval particulier, il va voir l'animal avec un accessoire que ne possédaient sans aucun doute ni les Romains ni les Mongols: il s'agit d'un morceau de câble "électrique gainé de plomb. Il le pose sur le dos du cheval et le cintre (ce qui est très facile) de manière à épouser le profil des flancs. Puis, avec précaution pour ne pas le déformer, il dessine le contour du câble sur une feuille de papier.

 

 

 

Confection du panneau

 

Le panneau sert de tampon entre le cheval et le bois de selle. Trois phases de sa confection sont représentées ici:

 

 

  • le découpage

 

 

  • le matelassage

avec de la laine et le laçage final du panneau sur la partie supérieure de la selle. Le rembourrage doit laisser un vide le long de l'épine dorsale du cheval.

  • Finition des panneaux

Les panneaux peuvent avoir des tailles et des formes variées, ainsi que plus ou moins de surface en contact avec le cheval. Les amples dimensions d'un panneau intégral bien fait, représenté ci-contre, avec son beau capitonnage, donnent à son possesseur l'impression d'avoir de l'or en barre.

Le bois de selle

 

De retour à son atelier, il choisit un bois, « un bâti en U dont la plus grande partie est en bois » qui s'adapte exactement à la taille du cheval. D'antan, les selliers font faire leurs bois de selle par des spécialistes. Il n'y a aucune raison pour que les bons menuisiers ne puissent pas en faire, mais, pour autant que je sache, les selliers ne s'adressent qu'à des spécialistes pour selles. Aujourd'hui, la tendance est de les faire en contre­plaqué de hêtre renforcé de bandes d'acier.

 

Deux des bords de la pièce en contreplaqué forment la partie avant du bois, le pommeau. On les prolonge en y rivant des pans de cuir. Ceux-ci seront introduits plus tard dans deux poches en cuir du panneau, la partie inférieure de la selle.

 

Le faux-siège

 

L'opération suivante est la fixation de la toile du faux-siège, un système de bandes en toile très forte, les unes longitudinales, les autres latérales. Les bandes longitudinales sont clouées à la fois sur le pommeau et le troussequin, les latérales seulement sur la partie avant du bois. Ces bandes latérales ont une très grande importance, car on coudra dessus les sangles qui maintiennent la selle sur le cheval. Avant de placer la toile, il faut recouvrir de cuir toutes les pièces d'acier du bois. Les bords des bandes latérales sont cousus ensemble, puis la totalité de la partie arrière est recouverte d'une toile enduite de cire et solidement cousue.


Il faut ensuite fixer les coussins du faux-siège de chaque côté de l'arrière de la selle. Il s'agit de poches en peau de collet (le sellier doit choisir exactement le cuir convenant à chaque partie de la selle qui étaient autrefois bourrées de laine pour faire coussin sous les fesses du cavalier.

 

Montage du siège

 

Venons-en maintenant au montage du siège. De nos jours, il est plus souvent en caoutchouc qu'en toile matelassée de laine, comme on le faisait jadis. Le caoutchouc est probablement meilleur, car il ne se déforme pas. On enduit de colle le siège, la toile et les coussins du faux-siège, puis on les fait adhérer ensemble en les pressant avec un rouleau.

 

On tend sur le siège un morceau de serge que l'on cloue soigneusement aux endroits où il dépasse sur le bois. Il doit être parfaitement tendu et ne faire aucun pli. Je peux affirmer que c'est plus facile à dire qu'à faire!

 

Vient ensuite l'habillage du siège, c'est-à-dire le découpage de la pièce de cuir avec laquelle le cavalier est réellement en contact. Elle devrait être en peau de porc, et le fait qu'il y ait des machines qui l'imitent en imprimant le dessin sur du cuir de vache est bien un signe de la pauvreté de notre époque. Il est regrettable que les Occidentaux aient pour habitude de transformer la peau de porc « l'un des matériaux les plus beaux qui soient » en couenne, qui est archi dure dans le rôti ou que l'on jette presque toujours dans le cas du bacon.

 

Heureusement, les Chinois n'étant pas aussi absurdes, ils écorchent leurs porcs soigneusement et c'est de Chine que nos peaux de porc sont importées.

Après avoir mouillé la peau de porc, on la cloue en place, légèrement, car les clous devront être ôtés. On la bat pour la lisser et on la laisse sécher. Mais nous n'en avons pas encore tout à fait fini avec le siège.

 

Petits quartiers, sangles et quartiers

 

On s'occupe alors des petits quartiers. Ce sont les deux éléments raides et épais qui prolongent latéralement le siège près du pommeau. Composés de peau de porc, d'autres cuirs et de toile, ils sont cousus au siège avec une bordure qui les délimite. La bordure est un cordon autour duquel on a cousu un cuir très fin (dolé) qui l'entoure comme une peau de saucisson. On ôte le siège de la selle pendant cette opération qui demande beaucoup d'adresse. En effet, la qualité du mariage du siège et des petits quartiers peut faire que toute la selle soit réussie ou gâchée. Le siège est encore une fois mouillé et assis, c'est-à-dire pressé fortement sur le bois de selle et, cette fois, cloué pour de bon.

 

On coud ensuite les sangles. Ce travail est très important, car, si les coutures partent, le cavalier part aussi et peut se rompre le cou. Pour cette opération, les selliers préparent leur propre fil en tordant ensemble et en passant à la cire plusieurs brins du meilleur lin.

 

Puis on prépare les quartiers. Ce sont de très grands pans de cuir qui pendent de chaque côté de la selle et absorbent la pression des genoux du cavalier. Le bord avant des deux quartiers doit être battu, mouillé et cloué sur une planche comportant un bloc qui a la forme exacte de la bâte, le bourrelet qui retient les genoux du cavalier. Une fois en place, on laisse les quartiers sécher à l'air.

 

Une bande de cuir repliée est cousue autour du devant des quartiers pour les renforcer, puis on les fixe avec des clous de sellier sur le bois de selle et on les coud sur la toile du faux-siège, de part et d'autre de la selle.

 

 

(Suite)

Photo de Claude HEYM

 

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Communiqués

 

L'Assemblée générale ordinaire de l'exercice 2016 a eu lieu le

17 Mars 2017

à 20hoo

à la Salle Hanfroest

(près du stade)

 

Nous avons un nouveau Président

Guy HANSEN

 

 

 

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Participation aux

Journées Européennes du Patrimoine

les 16 et 17 Septembre 2017

à Erstein

 

 

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L'association a le plaisir de vous révéler qu'au courant de l'année 2017 elle va éditer un livre qui fait suite et finalise notre exposition "Mémoires du mondre agricole  d'Erstein" de 2014.

 

Nous vous tiendrons au courant de l'évolution de ce projet et de la probable souscription qui va être annoncée et lancée lors de  notre AG.

 

La date de parution est prévue pour les journées du patrimoine

 

 

 

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Projets de la

nouvelle équipe

 

 

Un projet d'exposition à l'Etapenstall est à l'étude pour la saison 2018-2019 Le thème serait en relation avec la conception de la maison à colombage

 

 

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Un projet de refonte de notre site internet est en cours de réflexion et débouchera sur une nouvelle proposition au courant  2018

 

 

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Un projet de permanence mensuelle est à l'étude dans le but de rendre notre équipe dirigeante plus proche de la base et, par la même, de créer une nouvelle synergie.

 

 

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