Photo Claude HEYM
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L'importance du monde rural prédomine toujours. Il emploie 40 % de l'ensemble des ménages qui ont été recensés, mais le secteur artisans - commerçants - services, le talonne de très près avec 33,7 '%

 

Spatialement, il devait exister une certaine ségrégation sociale. Ainsi, le lieu-dit « Krafft », situé loin du centre du bourg, ne compte que des pêcheurs, quelques laboureurs et l'éclusier chargé de l'entretien du canal. A Erstein, même les cultivateurs sont souvent cités à la suite d'un huissier, d'un médecin, d'un rentier, tandis que l'on trouve les ménages de journaliers, de pêcheurs et de tisserands les uns à la suite des autres.

 

En ce milieu du XIXème siècle, Erstein est un bourg agricole, prospère. Cette prospérité est due à la richesse de son sol, mais aussi à son rôle de petit centre. Par l'éventail des commerces et les services qu'elle offre, elle parait bien rayonner sur les villages qui l'entourent.

Cependant, cette prospérité n'est pas le lot de tous les habitants et il existe à cette époque toute une masse de gens - journaliers, ouvriers à domicile - dont le sort est précaire et qui constituent autant de main d'œuvre potentielle.

 

1907 - Du monde rural ancestral vers les ouvriers-paysans

 

Modification de l'aspect extérieur d'Erstein

 

La période allemande va connaître une fièvre de la construction. D'anciens bâtiments sont rasés pendant que d'autres sont construits. Le nombre des maisons d'habitation augmente: alors qu'en 1846 on comptait 594 maisons, on en compte 1 017 en 1907 soit une augmentation de 71 % en un demi-siècle.

 

On voit aussi se construire les nouveaux bâtiments destinés à recevoir les services publics, édifiés dans la meilleure tradition allemande de cette fin du XIXème siècle: trois écoles, le tribunal, la sous-préfecture, le bureau de poste, le nouvel hôpital. Ces constructions se situent à l'emplacement de l'ancien noyau d'Erstein : ainsi la sous-préfecture s'élève à la place de l'ancien couvent.

 

Pendant cette même période, on construisait les abattoirs près de l'Ill, une usine au Bruhly et surtout une centrale électrique: grâce à elle, Erstein va bénéficier du courant électrique è partir de 1893.

 

Certains grands travaux datent également de cette époque : en 1872, un pont fut édifié sur le Rhin à Gerstheim, et entre 1886 et 1891 fut creusé le canal de décharge de l'Ill (Hochwasserkanal) qui va diminuer sérieusement les dangers d'inondations à l'est de la localité.

 

Construction de prestige, grands travaux, essor du bâtiment contribuent à modifier l'aspect d'Erstein. Il est intéressant de noter cependant qu'il ne se créé pas à proprement parler de nouveau quartier, on démolit plutôt que de construire vers l'est au delà de l'Ill, si bien que vieilles bâtisses et nouvelles constructions se mêlent. Ces dernières traduisent les nouveaux rôles d'Erstein et les changements opérés dans le population à cette époque. En effet, elles sont rarement à usage agricole. Elles abritent des ouvriers plus aisés, surtout quand mari et femme travaillent à la filature, qui ont succédés aux masses de journaliers indigents.

 

Pendant la période allemande, la vie d'Erstein s'est modifiée. La localité a changé d'aspect et acquis de nouvelles fonctions. Or ces dernières n'ont aucun caractère agricole.

 .

(Source: Mairie d'erstein - Présentation du PLU)

 

 

Le comportement du monde agricole

 

Les données utilisées sont tirées du "Statistisches Jahrbuch für Elsass-Lothringen" 1913-1914. Il n'a pas été possible de savoir de quelle manière ces données avaient été élaborées, si bien que les comparaisons entre les chiffres de cette période et ceux qui ont été recueillis pour 1846 ne sont pas toujours aisées.

 

Il est cependant certain que diverses modifications sont intervenues dans la société rurale. Le nombre des journaliers et des cultivateurs a varié.

         cultivateurs     journaliers           

                        laboureurs      ouvriers agricoles   Total

  • 1846            78                     291                369
  • 1907           155                    396                 551

Nous constatons une augmentation du nombre des cultivateurs et des ouvriers agricoles. Celle-ci peut surprendre et doit être admise avec quelques réserves: nous ignorons ce que recouvre exactement la rubrique "Landwirtschaft". En effet, les statistiques allemandes ne font aucune mention par ailleurs des forestiers ; or la commune compte 1 220 ha de bois. Même en faisant quelques restrictions il faut cependant reconnaître l'augmentation sensible des propriétaires exploitants. L'administration allemande compte 150 exploitations dont la surface est supérieure à 2 ha : le chiffre des tenanciers et des propriétés coïncide.

 

Est-ce là une conséquence du nouveau rôle joué par Erstein ? Il semble bien que non. Il est vraisemblable que l'on assiste dans la commune au phénomène similaire à toute la plaine d'Erstein ; à savoir que "la catégorie des moyennes exploitations s'est beaucoup plus accrue que dans le Kochersberg" pendant la période 1860-1907, et que "l'aristocratie paysanne, puissante eu XVIIIème siècle dans cette région tend à s'affaiblir". Cette dernière s'était en effet beaucoup enrichie à le Révolution avec la vente des biens ecclésiastiques appartenant au Chapitre de Strasbourg qui étaient très importants dans la commune. Le nombre des cultivateurs qui se sont enrichis cette époque n'était pas très élevé : il existait 60 cultivateurs à Erstein avant la révolution.

 

Au début le partage des terres s'est fait lentement. Il semble qu'il y ait eu des, réticences à partager une terre fraîchement acquise. En 1846, 78 cultivateurs vivent à Erstein, soit une augmentation de 18 % en un siècle ! Puis le mouvement s'accéléra, les coutumes successorales en ce pays catholique jouèrent davantage et le chiffre passa de 78 à 150 en un demi-siècle soit une progression de 92,3 % !!

 

Ce démembrement des terres avec l'accroissement du nombre des moyennes exploitations est prouvée per les chiffres de l'administration allemande : en 1907 il existe 74 exploitations de 2 à 5 ha, 74de 5 à 20 ha et seulement 2 exploitations dont la superficie est supérieure à 20 ha.

En devenant plus petites les exploitations ont moins besoin de main d'oeuvre extra-familiale. La proportion d'ouvriers agricoles par cultivateur tombe de 3,7 en 1846 à 2,4 en 1907.

Cependant il faut se garder de trop assombrir le tableau. Même si elle partage ses terres cette catégorie paysanne de propriétaires exploitants reste riche.

 

Le sort des 97 petits exploitants non employeurs possédant de 0,5 ha à 2 ha et celui des journaliers est davantage lié aux nouveaux rôles cadastraux d'Erstein (L'administration allemande a également dénombré 283 exploitations de 0 à 50 ares qui doivent être pour la plupart des jardins, vergers et potagers).

Leur con­dition sociale s'est beaucoup améliorée avec l'installation des usines. La sucrerie convient parfaitement au petit paysan. Chaque année elle embauche pour la campagne de la fin de l'automne au début de l'hiver au moment où les travaux des champs sont terminés. Elle rend compatible ainsi les fonctions de paysans et d'ouvriers.

La filature accapare davantage ses ouvriers et convient mieux aux journaliers qui ne possèdent pas de terre. Nous retrouvons ici la situation "d'une juxtaposition d'une paysannerie assez largement pourvue et d'un monde ouvrier exploitant quelques lopins de terre".

 

Après avoir vu les modifications intervenues dans la société rurale, examinons les effets de l'industrialisation de la commune sur le système d'exploitation de la terre.

 

Nous avons pu .élaborer un tableau montrant l'évolution des cultures.

On constate que le système polycultural se maintient toujours mais avec quelques modifications. Celles-ci ne concernent pas les céréales qui couvrent toujours le même surface. Le froment, céréale noble par excellence a même progressé de 10 ha. L'orge a régressé, sans doute au profit de l'avoine. Par contre, le tabac, source de revenus importante a perdu 91 ha. Cette perte est due aux différences de goûts entre l'Allemagne et la France, l'Allemand goûtant pour le tabac brun. De plus, l'Administration allemande supprima le système de Régie qui assurait les débouchés à la production. Les exploitants d'Erstein avaient perdu leur principal client, ils se tournèrent donc vers d'autres cultures. Le houblon fait une timide apparition avec 6,7 ha. Les pommes de terre ont beaucoup progressé, elles ont gagné 140 ha sans doute grâce à l'ouverture du marché allemand.

 

En ce qui concerne la nourriture du bétail, on augmente la surface en betteraves fourragères, L'autre nouveauté est constituée par la betterave sucrière qui couvre 52 ha. C'est peu si l'on considère que le sucrerie existe depuis 1893. La culture de ces tubercules n'a en effet pas rencontré un très grand engouement de la part des paysans. Le recul du tabac, la disparition du chanvre sont compensés par la montée des pommes de terre, de la betterave sucrière et de la nourriture pour le bétail. Comme dans le reste de l'Alsace nous voyons le paysan d'Erstein s'adapter aux conditions nouvelles; l'élevage a progressé et avec lui les cultures fourragères. D'autre part, l'industrie a entrainé directement la culture de la betterave sucrière. Cependant, l'Administration allemande a fait diminuer une source de revenus non négligeable en faisant reculer le tabac et cette perte ne pu pas être compensée par la vente des pommes de terre.

 

Ce qui est remarquable en ce début du XXème siècle, c'est le voisinage d'une agriculture encore prospère avec un monde industriel en pleine expansion. Ce dernier n'a pas étouffé la vie rurale. Il n'a pas provoqué de départs massifs vers les usines. Seuls les plus pauvres ont quitté la terre et encore pour la plupart ils ont concilié leur travail avec la culture d'un petit lopin de terre.

 

La fin du XXème siècle a vu Erstein marquer une étape importante dans son évolution. Ce bourg agricole a acquis un visage plus urbain, et a accru ses fonctions non agricoles, plus typiquement urbaines : fonction commerciale, administrative, industrielle. Pour la période précédente nous ne pouvions parler de ville. Le secteur agricole tenait encore une place trop prépondérante dans la vie d'Erstein. Néanmoins, comme nous le faisions remarquer auparavant Erstein n'était pas un village uniquement agricole il possédait déjà certaines fonctions comme la fonction commerciale et la fonction administrative qui se sont développées grâce à l'impulsion fournie, par l'industrie et 1' érection d'Erstein au rang de « Kreisstadt » (chef-lieu d'arrondissement). On peut donc écrire que cette commune posséda certaines prédispositions à augmenter ses fonctions urbaines. Cette évolution vers un caractère plus urbain n'a du reste pas échappé aux contemporains qui parlent d'Erstein me d'une véritable petite ville : "Erstein est pour eux « ein Flecken », terme qui s'oppose à celui de « Dorf » qui signifie village.

 

Au début du siècle Erstein était donc une petite ville prospère et bien que le démarrage de le sucrerie fut lent aucune des activités de la cité n'était en crise. Erstein était vraiment en plein essor. La période précédant la première guerre mondiale nous parait être l'apogée d'Erstein. Une preuve indiscutable en est le chiffre de la population qui atteint en 1910 le chiffre de 6 061, chiffre qui ne sera plus dépassé avant 1962.

En effet, les années qui ont succédé à cette période marquent au contraire un ra­lentissement du développement de la localité et même une stagnation. 8i l'on considère que peu d'éléments nouveaux sont venus s'ajouter au portrait qui vient d'être tracé de cette petite ville depuis la guerre de 1914-1918 à nos jours on comprend que l'héritage du passé soit très important et particulièrement flagrant sans le paysage urbain actuel.

Photo de Claude HEYM

 

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Communiqués

 

L'Assemblée générale ordinaire de l'exercice 2016 a eu lieu le

17 Mars 2017

à 20hoo

à la Salle Hanfroest

(près du stade)

 

Nous avons un nouveau Président

Guy HANSEN

 

 

 

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Participation aux

Journées Européennes du Patrimoine

les 16 et 17 Septembre 2017

à Erstein

 

 

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L'association a le plaisir de vous révéler qu'au courant de l'année 2017 elle va éditer un livre qui fait suite et finalise notre exposition "Mémoires du mondre agricole  d'Erstein" de 2014.

 

Nous vous tiendrons au courant de l'évolution de ce projet et de la probable souscription qui va être annoncée et lancée lors de  notre AG.

 

La date de parution est prévue pour les journées du patrimoine

 

 

 

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Projets de la

nouvelle équipe

 

 

Un projet d'exposition à l'Etapenstall est à l'étude pour la saison 2018-2019 Le thème serait en relation avec la conception de la maison à colombage

 

 

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Un projet de refonte de notre site internet est en cours de réflexion et débouchera sur une nouvelle proposition au courant  2018

 

 

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Un projet de permanence mensuelle est à l'étude dans le but de rendre notre équipe dirigeante plus proche de la base et, par la même, de créer une nouvelle synergie.

 

 

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