Photo Claude HEYM
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Le problème de l’abattoir municipal

Photo d'un fond particulier

 

Notre abattoir avait été modernisé en 1958, dans le cadre du plan départemental de 1952, qui prévoyait un abattoir par canton, dont la capacité serait de 1.000 tonnes environ, et cela dans un but d'hygiène publique en matière de préparation de viande. Dirigé par un inspecteur des viandes particulièrement actif, secondé par un personnel à la hauteur de sa tâche, et supervisé pour les questions de salubrité de la viande par M. PFISTER, vétérinaire, dont la conscience professionnelle est digne de tous les éloges, notre abattoir a fonctionné jusqu'ici à la satisfaction de la Ville et des usagers. Conçu pour traiter 1.500 tonnes de viandes, il a dépassé largement ce chiffre dans les dernières années, où une moyenne de 2.300 tonnes ont été abattues à Erstein. Grâce à ce surcroît de tonnage, dû essentiellement à la présence de M. MEYER, marchand de viandes en gros, l'abattoir était pour la Ville une affaire rentable, qui réalisait annuellement un bénéfice de 25 à 30.000 F (2 millions et demi à 3 millions d'anciens frs).

 

Compte tenu de cette situation, la Ville avait porté une attention toute spéciale à l'entretien des installations de l'abattoir. De nombreux travaux ont été faits à ce titre au cours des exercices écoulés. Le personnel d'inspection et le personnel ouvrier ont été renforcés. Le conseil municipal avait décidé d'investir une somme de 50.000, à 60.000 F dans les deux ou trois années à venir pour moderniser la chaufferie d'eau et l'équipement frigorifique.

 

Les intentions de la municipalité, qui correspondaient aussi à ses intérêts, étaient donc non seulement de maintenir une entreprise parfaitement viable, qui constituait le gagne-pain de près de 25 personnes, mais de la perfectionner et de l'améliorer dans toute la mesure du possible.

 

En 1964, une évolution en matière d'abattoirs s'est produite. Elle s'est faite sur deux plans. Par arrêté ministériel, il a été décidé que 23 abattoirs très importants pour l'ensemble de la France, devaient jouer un rôle de pilote en matière de commercialisation de la viande. Strasbourg figurait parmi ces abattoirs, intitulés "abattoirs-marchés-directeurs de la viande». Car, en plus des notions d'hygiène publique mentionnées ci-dessus, une autre notion, celle de la fixation et de la régulation des prix avait été retenue par les pouvoirs publics. En même temps, un autre arrêté ministériel a établi entre les différents abattoirs une priorité du point de vue de leur financement. Et c'est alors que la notion d'abattoir cantonal d'une capacité moyenne de 1.000 tonnes a été abandonnée, et qu'une priorité de financement a été retenue pour les abattoirs ayant une capacité d'abatage d'au moins 4.000 tonnes par an. Il y a ainsi déjà en 1964 une nette tendance vers la création d'abattoirs importants, donc vers une concentration des abattoirs au détriment des petites et moyennes installations.

 

En 1965 est intervenu un texte fondamental qui concrétise la politique actuelle des pouvoirs publics en matière d'abattoirs. Il s'agit de la loi du 8 juillet 1965. Suivant les articles 10 et suivants de cette loi, la direction départementale de l'Agriculture doit établir, pour chaque département, un nouveau plan d'équipement en abattoirs. Des instructions ministérielles récentes ont enjoint aux directeurs départementaux de présenter ces plans pour septembre 1967. Les abattoirs qui seront inscrits d'office au plan départemental du Bas-Rhin sont au nombre de deux: Strasbourg, avec 31.000 tonnes, Haguenau, avec 6.000 tonnes. Dans l'un comme dans l'autre cas, il s'agit d'abattoirs entièrement neufs, en voie de construction.

 

De l'avis du Conseil général du Bas-Rhin, qui avait été consulté par le Gouvernement, deux autre abattoirs peuvent être inscrits, par dérogation, au plan d'équipement pour le Bas-Rhin. Tous les autres abattoirs du département et toutes les tueries particulières encore en service seront fermés au plus tard pour le 31 décembre 1971.

 

Le conseil municipal avait donc à décider si Erstein demanderait son inscription au plan départemental, parmi les deux dérogations prévues par le Conseil général. Pour prendre sa décision, le conseil municipal devait tenir compte de plusieurs éléments, tous importants:

 

Pour qu'un abattoir équipé suivant les nouvelles normes puisse fonctionner dans des conditions normales de ren­tabilité, il faut qu'il abatte au moins 4.000 tonnes par an.
L'abattoir actuel ne correspondant pas aux normes techniques qui seront requises à l'avenir, et une extension pour le rendre conforme n'étant pas possible sur place, il faudrait construire un établissement entièrement neuf qui coûterait 3.800.000  Fr et pour lequel il faudrait réaliser un emprunt de 3.200.000 Fr, ce qui représenterait une charge annuelle d'amortissement de 270.000 Fr (capital et intérêts) sur 30 ans.
Si un abattoir inscrit au plan ne réalise pas son équilibre financier, il est fermé par arrêté du préfet. Cependant, la Ville reste obligée de supporter la charge de l'amortissement des sommes investies.

La première question était donc celle de savoir si Erstein pouvait espérer légitimement obtenir les 4.000 tonnes nécessaires à son fonctionnement rentable. La consummation des environs est actuellement de 800 à 1.000 tonnes par an, sans les grossistes. Grace à l'entreprise MEYER, ces tonnage était jusqu'ici de 2.300 tonnes, mais personne ne peut garantir que M. Meyer aura interet à continuer, dans un avenir plus ou moins proche, à abattre à Erstein. Cette question se posera notamment lorsque le marché-directeur de la viande fonctionnera à Strasbourg, avec toutes les répercussions que ce marché aura sur le commerce de la viande dans le département du Bas-Rhin.

 

La question est d'ailleurs plus com­plexe encore. On estime que le tonnage maximum qui sera abattu dans le Bas-Rhin est de 42.000 tonnes par an. Sur ce tonnage, Strasbourg abattra 11.000 tonnes, et Haguenau abattra 6.000 tonnes. Il restera donc un. tonnage «disponible» de 5.000 tonnes pour les deux abattoirs inscrits par dérogation, soit 2.500 tonnes par abattoir. Or, à ce tonnage, aucune des deux exploitations ne sera rentable, puisqu il faut un minimum de 4.000 tonnes pour équilibrer le budget.

 

D'autre part, les bouchers et les grossistes iront abattre où ils voudront. On ne peut pas dire que si l'abattoir d'Erstein est maintenu, les cantons de Benfeld, Obernai, Erstein et Geispolsheim, par exemple, iront abattre à Erstein. Le professionnel reste libre d'abattre où il voudra, et il est probable que souvent il choisira l'abattoir de Strasbourg en raison de la présence du marché-directeur. Une évolution se fera d'ailleurs certainement en cette matière. De moins en moins, le boucher achètera directement les bêtes à abattre au producteur (à l'agriculteur). Il sera beaucoup plus simple pour lui, dans un avenir qui semble très proche, d'aller au marché-directeur de Strasbourg et de choisir la carcasse de boeuf ou les moitiés de cochons dont il aura besoin. Il saura exactement la qualité qui convient à ses besoins et la choisira en toute connaissance de cause, puisqu'il verra la qualité de la viande.

 

Quant aux agriculteurs, il semble bien que leur intérêt sera de se grouper en syndicat de producteurs, vendant directement, sans intermédiaires, et cela non plus comme maintenant, par bête vivante, mais au poids de la viande abattue. Cette évolution se fera certainement, car elle est dans l'intérêt de tous.

 

Compte tenu de tous ces éléments, il est hautement improbable — on peut même dire qu'il est impensable que l'abattoir d'Erstein puisse se voir garanties les 4.000 tonnes nécessaires a une exploitation rentable.

 

Dans ces conditions, le conseil municipal a estime qu'il ne pouvait pas prendre la responsabilité de construire un nouvel abattoir et de contracter à ce titre une (lette de 3.200.000 Fr (soit 320 millions de francs anciens).

 

En ettet, si l'abattoir s'avérait non rentable, ce qui est certain, il serait terme par arreté préfectoral, et l'amortissement de la dette s'élevant à 270.000 Fr par an, mettrait la Ville sans I impossibilité, pendant de longues années, ae taire face aux autres dépenses necessaires pour le développement de la cité.

 

C'est donc à contrecoeurs, mais en pleine conscience de l'impossibilité de toute autre solution, que le conseil municipal, après de longs débats au cours desquels le problème fût examiné  sous tous ses aspects, s'est vu dans l'obligation de renoncer à demander son inscription au plan départemental.

 

Une fois cette importante décision prise, il s'agissait de fixer la date à partir de laquelle l'exploitation actuelle serait arrêtée. Ainsi que nous l'avons dit ci-dessus, la date limite est le 31 décembre 1971.

 

La loi du 8 juillet 1965 prévoit, quelle que soit l'époque de fermeture, l'indemnisation de certains frais. D'après ce que l'on sait actuellement, cette indemnisation consisterait à prendre en charge sur le compte de l'Etat les annuités des emprunts non encore amortis (432.385 Francs pour Erstein) et les intérêts de ces emprunts. Elle comprendrait également les frais de reconversion du personnel. De cette indemnisation sera déduite cependant la valeur du terrain de l'abattoir, qui revient à la ville.

 

Mais le Gouvernement, pour inciter les communes à fermer leurs abattoirs aussi rapidement que possible, a prévu une prime spéciale, une sorte de prime d'encouragement, si la fermeture de l'abattoir intervient avant le 31 décembre 1967. Cette prime pour ERSTEIN serait de 100.000, Fr environ.

 

Le conseil municipal a tout d'abord constaté que le délai qui lui était ainsi imparti est trop court pour permettre de résoudre les problèmes complexes qui se posent aussi bien du point de vue des usagers que de celui du personnel. D'accord en cela avec le voeu émis par le Conseil général, il a demandé au Gouvernement que la date du 31 décembre 1967 soit reportée.

 

 

 

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Nous avons un nouveau Président

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les 16 et 17 Septembre 2017

à Erstein

 

 

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L'association a le plaisir de vous révéler qu'au courant de l'année 2017 elle va éditer un livre qui fait suite et finalise notre exposition "Mémoires du mondre agricole  d'Erstein" de 2014.

 

Nous vous tiendrons au courant de l'évolution de ce projet et de la probable souscription qui va être annoncée et lancée lors de  notre AG.

 

La date de parution est prévue pour les journées du patrimoine

 

 

 

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Un projet d'exposition à l'Etapenstall est à l'étude pour la saison 2018-2019 Le thème serait en relation avec la conception de la maison à colombage

 

 

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Un projet de refonte de notre site internet est en cours de réflexion et débouchera sur une nouvelle proposition au courant  2018

 

 

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Un projet de permanence mensuelle est à l'étude dans le but de rendre notre équipe dirigeante plus proche de la base et, par la même, de créer une nouvelle synergie.

 

 

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