Photo Claude HEYM
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Le baptême d'urgence

 

Comme son nom l'indique, il est pratiqué en cas d'absolue nécessité, soit lors d'un accouchement difficile, soit lors d'une maladie grave du nouveau-né. L'empressement de la famille à faire baptiser un enfant qui risque de mourir s'explique par la croyance religieuse qui veut que seuls les baptisés peuvent avoir accès au ciel (cf. Jean III / verset 5). On faisait de préférence appel aux ecclésiastiques pour ces baptêmes.

Mais, en cas de force majeure tout laïc pouvait administrer ce sacrement. Ainsi la sage-femme remplit souvent ce rôle. Ceci explique le contrôle rigoureux qu'ont exer­cé les Églises sur la nomination de ces femmes. Tout enfant baptisé d'urgence devait être présenté, dès que possible, à la communauté chrétienne lors d'un office religieux. Mais cette pratique de la « Nottaufe » donna lieu à des abus. Certaines familles, par paresse et pour éviter une cérémonie officielle trop coûteuse, firent baptiser leur enfant à domicile par la sage-femme.

 

Les Églises réagirent vigoureusement. La sage-femme ou le laïc qui avait officié devaient répondre en leur âme et conscience aux questions que le pasteur posait devant l'ensemble de la communauté. L'enfant a-t-il vraiment été assez faible pour que cela nécessite un baptême d'urgence? Quelle prière l' officiant a-t-il prononcée lors du baptême ? Avec quoi a-t-on fait le baptême ? Quelles ont été les paroles rituelles prononcées lors de cette cérémonie? S'ils n'arrivaient pas à répondre d'une manière satisfaisante à l'ensemble de ces questions, le baptême d'urgence était frappé de nullité. Dans le cas contraire, le pasteur terminait alors par une prière dans laquelle il recommandait le petit enfant à la protection divine, rappelait les devoirs de parents chrétiens envers leurs enfants de contrôler ces cérémonies.

 

Le baptême des enfants morts

 

Parfois, l'ecclésiastique appelé d'urgence pour le baptême d'un enfant mourant arrivait trop tard. L'enfant était donc mort sans avoir reçu le sacrement du baptême. Dans certains cas, l'enfant était déjà mort quand il venait au monde. La préoccupation d'une mère était de savoir ce qu'il advenait de l'âme de son cher petit. Dans l'Église catholique une opinion très courante, se fondant sur Jean III / verset 5, voulait que ces enfants non baptisés fussent exclus du salut. Mais comme ces enfants n'avaient pas commis de péchés personnels et que seul le péché originel les accablait, on pensait qu'ils allaient vivre dans une sorte de pré-enfer à l'état d'esprits sauvages. Souvent, on croit que l'âme d'un tel enfant se transforme en « Kobold », esprit taquin et méchant envers les humains. Mais une croyance plus rassurante veut que les âmes de ces enfants deviennent des anges qui vivraient dans un « Kinderhimmel » (ciel pour enfants).

 

Dans les textes de la Confession d'Augsbourg, il est affirmé que le péché originel place sous la condamnation de Dieu l'âme de celui qui n'a pas été baptisé et qui n'a pas eu une nouvelle naissance dans le Saint-Esprit. Il nous est difficile aujourd'hui d'imaginer la peur et l'angoisse que ces opinions provoquaient dans le coeur de ces malheureuses mères.

 

C'est à l'usage de ces femmes tourmentées que Luther écrivit en 1542 le petit ouvrage : « Trost für fromme gottselige Fraven, denen es unrichtig in Kindesnöten ergangen. » (Consolation pour les femmes croyantes qui ont été frappées par le malheur lors d'un accouchement). Dans cet ouvrage le réformateur pense qu'il ne faut pas affoler par des paroles hautaines ces mères éprouvées. Dieu n'ayant pas lié sa Parole aux sacrements, il lui est fort possible d'accorder la grâce à un enfant non baptisé. Ainsi voit-on apparaître, à côté de la loi assez brutale, une position plus humaine. C'est sur ce texte que se fondera la position libérale du protestantisme du XIXe siècle, qui pense qu'on ne peut imputer à un enfant non baptisé le péché originel d'Adam.

 

 

 

Après le baptême

 

La cérémonie des relevailles

 

De nos jours complètement disparue, la cérémonie des relevailles occupait, au début du XXe siècle, une certaine place dans le calendrier d'une jeune mère. La cérémonie se déroulait à l'église, la première fois qu'une femme y allait après ses couches.

 

Généralement, cette sortie avait lieu quatre ou six semaines après l'accouchement et coïncidait avec la première sortie de la jeune maman. En se rendant à l'église, la mère voulait d'une part, remercier le Seigneur pour l'enfant qu'il lui avait accordé, d'autre part se soumettre à une sorte de rite de purification qui l'agrège de nouveau totalement à l'ensemble de la communauté des vivants. Pour cette fête, le christianisme a emprunté aux Hébreux le rituel de la Purification au Temple, auquel se soumit la Sainte-Vierge (le calendrier chrétien commémore cette purification de Marie le jour de la Chandeleur). La cérémonie des relevailles est attestée la première fois pour l'Alsace au IX' siècle par le moine Otfrid de Wissembourg.

 

Chez les catholiques, la cérémonie des relevailles se déroulait de la manière suivante. Le dimanche, avant la messe, le prêtre accueillait la mère sur le parvis de l'église. Elle était aspergée d'eau bénite et on lui tendait un cierge allumé. Après des actions de grâce adressées à la Vierge, la femme baisait l'étole du prêtre. Et en tenant une frange de cette étole, elle se relevait pour se faire conduire à l'autel où elle déposait une offrande. Dans la prière que récitait le prêtre à cette occasion, on demandait expressément à Dieu que les forces du mal n'aient aucune emprise sur la mère. « Nihil proficiat inimicus in ea. Et filius iniquitatis non apponat nocere ei. » (Que l'Ennemi n'ait aucune prise sur elle. Et que le fils de l'iniquité n'ose point lui nuire). À la fin de la cérémonie, le prêtre aspergeait encore une fois la femme d'eau bénite et récitait une formule de bénédiction. Après l'office il recevait, ainsi que le sacristain, quelques dons en nature.

 

Chez les protestants les relevailles se résumaient à une prière d'action de grâces et une bénédiction de la mère. Dès le XIXe siècle on jumela baptême et relevailles. De nos jours, dans quelques églises luthériennes, comme celles de Bischheim, Brumath et Saint-Pierre-le-Jeune de Strasbourg, subsistent les relevailles sous forme d'une bénédiction de la mère avant ou après le baptême.

 

Autrefois, la cérémonie religieuse était suivie d'un repas familial où la mère était à l'honneur. On voulait, par ce copieux repas, lui rendre les forces perdues lors de la naissance de l'enfant et marquer la fin de certains interdits alimentaires (exemple : les mets épicés). La mère, après cette fête, était à nouveau totalement intégrée dans la communauté.

 

Du point de vue médical, les relevailles peuvent correspondre à la réapparition des règles. De toute façon on pensait qu'après les relevailles on avait de nouveau le droit d'avoir des relations sexuelles.

 

Les filles-mères

 

Les relations sexuelles avant le mariage ont été de tout temps condamnées par les Églises chrétiennes qui y voient une conduite d'origine démoniaque. Autrefois, des sanctions ecclésiastiques étaient prévues pour ceux qui contrevenaient à cet interdit et qui avaient conçu un enfant avant l'union religieuse. Le péché était double, vu que les époux avaient en plus dû mentir à l'ecclésiastique qui avait posé la question des relations sexuelles avant l'union religieuse lors des entretiens préparatoires au mariage.

 

Au XIX' siècle, on assouplit les sanctions ecclésiastiques. La punition consistait alors à baptiser l'enfant après le culte et non plus pendant le culte. Quant aux filles-mères, elles étaient sanctionnées beaucoup plus durement, vu qu'elles menaçaient beaucoup plus l'ordre social établi. Quand une fille non mariée était enceinte, le premier soin de la famille était de trouver, avec l'aide du pas­teur ou du curé, le père de l'enfant à venir. L'ordre social ayant été ébranlé, tous les moyens de pression étaient bons pour faire aboutir cette recherche de paternité.

 

Ainsi, dans les vieux registres paroissiaux d'Eckwersheim, on signale que la sage-femme avait reçu ordre de ne prodiguer ses soins à une fille non-mariée qu'au cas où celle-ci révélerait le nom de l'homme avec lequel elle avait eu des relations sexuelles. Mais les recherches n'aboutissaient pas souvent. Les futures filles-mères étaient alors exclues des prières que récitait le pasteur à l'intention des futures parturientes. Leur présence n'était pas souhaitée dans les « Spinnstube » où se réunissaient le soir, en hiver, les femmes du village pour bavarder un peu et pour filer de la laine. La future fille-mère devait boire sa honte toute seule. Les gamins du village se permettaient même de l'apostropher et de lui crier des surnoms très désobligeants lors de son passage dans la rue. En outre, elles étaient soumises à une punition ecclésiastique. Celle-ci consistait en une admonestation publique faite par le pasteur, le dimanche matin en chaire, devant l'ensemble de la communauté. Pendant toute la durée de l'office religieux les futures mères célibataires devaient se tenir debout dans les premiers rangs de l'assistance. De plus, elles devaient payer une amende qui était versée dans la caisse de l'église paroissiale. Par la suite, si elles allaient encore à l'église, elles ne pouvaient plus prendre place au milieu des autres femmes de leur âge.

 

Les mères célibataires devaient se tenir dans le dernier banc du côté des hommes. Parfois ces bancs ou ces chaises portaient des noms spéciaux comme « Huchestuhl » ou « Huchebänkel » (banc de la prostituée), « Sinderbänkel » ou « Sünderbenkel » (banc des pécheurs), « Schandbänkele » (banc de la honte). Enfin, les mères célibataires n'avaient pas droit à une fête des relevailles. Elles perdaient aussi toute possibilité de devenir marraine d'un enfant.

 

Les enfants naturels

 

Même si une certaine tradition empreinte d'hypocrisie veut nous faire croire que les enfants naturels n'étaient que des cas isolés et très rares autrefois, il faut récuser ces affirmations. Les statistiques de l'Etat Civil montrent bien que les enfants naturels n'étaient pas des cas isolés.

 

L'enfant naturel était marqué par une sorte de sceau d'infamie. On ne sonnait pas les cloches pour annoncer son baptême et souvent on le baptisait après le culte, en signifiant par-là que l'enfant était en quelque sorte mis à part. Le pasteur ou le curé choisissait le nom de l'enfant et exigeait une taxe spéciale pour ce casuel : six schillings . Chez les protestants, qui avaient l'habitude d'avoir deux parrains et deux marraines, en cas d'enfant naturel on réduisait le nombre de témoins à deux, Parfois le pasteur prononçait des paroles spéciales lors de ces baptêmes.

 

Mais les humiliations ne s'arrêtaient pas au baptême: ces enfants étaient affublés de surnoms rappelant leur origine « pécheresse ». À Sessenheim et à Pfaffenbronn, on appelait un tel enfant « e Bankert » (le bâtard), à Muttersholtz et dans la vallée de Munster on leur criait « Rohjschäler » (pomme de terre de mauvaise qualité

 

 

 


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Communiqués

 

L'Assemblée générale ordinaire de l'exercice 2016 a eu lieu le

17 Mars 2017

à 20hoo

à la Salle Hanfroest

(près du stade)

 

Nous avons un nouveau Président

Guy HANSEN

 

 

 

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Participation aux

Journées Européennes du Patrimoine

les 16 et 17 Septembre 2017

à Erstein

 

 

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L'association a le plaisir de vous révéler qu'au courant de l'année 2017 elle va éditer un livre qui fait suite et finalise notre exposition "Mémoires du mondre agricole  d'Erstein" de 2014.

 

Nous vous tiendrons au courant de l'évolution de ce projet et de la probable souscription qui va être annoncée et lancée lors de  notre AG.

 

La date de parution est prévue pour les journées du patrimoine

 

 

 

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Projets de la

nouvelle équipe

 

 

Un projet d'exposition à l'Etapenstall est à l'étude pour la saison 2018-2019 Le thème serait en relation avec la conception de la maison à colombage

 

 

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Un projet de refonte de notre site internet est en cours de réflexion et débouchera sur une nouvelle proposition au courant  2018

 

 

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Un projet de permanence mensuelle est à l'étude dans le but de rendre notre équipe dirigeante plus proche de la base et, par la même, de créer une nouvelle synergie.

 

 

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