Photo Claude HEYM
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 Les troubles pendant la grossesse

 

Les angoisses des futures mères sont augmentées par des troubles qui apparaissent pendant la grossesse. Ainsi la femme enceinte peut ressentir des picotements du bas-ventre, des sensations d'étouffement, etc. Nos ancêtres ont interprété ces maux comme des signes d'une présence démoniaque. On considérait la matrice comme une bête malfaisante, avide de sang, capable de griffer et de mordre la femme, susceptible de la tourmenter par ses déplacements volontaires.

 

Entre le XI° et le XVIIe siècles on voit apparaître en Alsace des formules magico-religieuses, récitées soit par la sage-femme, soit par la femme enceinte, en vue de calmer les troubles de grossesse ou d'obtenir la guérison de maladies utérines. Voici un exemple de telles formules : « Réjouis-toi et calme-toi. Je te conjure au nom du Saint Evangile de réintégrer à nouveau ta place, de te reposer et de rester calme, ou bien on nous mettra, toi et moi, dans une tombe. Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Amen. Et couche-toi sur le côté gauche, et mets le pouce droit sur le nombril, récite cinq Notre-Père, cinq Ave-Maria, et une confession de foi. Fais cela trois fois et donne des aumônes. Cela a été vérifié. » (Traduction)

 

Jusqu'au milieu du XIXe' siècle, il était encore coutume de faire des pèlerinages à la grotte Saint-Vit (Saverne) avec l'espoir de calmer ces troubles et pour demander une délivrance heureuse. On offrait alors un ex-voto en forme de crapaud, symbole très ancien de la matrice. Deux raisons sont à l'origine du choix d'un tel symbole. Tout d'abord, il y a une ressemblance morphologique entre la matrice avec ses annexes et le crapaud. D'autre part, cet organe mystérieux dont l'existence se signale souvent lors des grossesses par des douleurs, a été mis en correspondance avec cet être vivant mystérieux et haï.

 

Ainsi dans les écrits du prédicateur Caspar Huberinus, mort en 1553, on lit dans l'adresse aux sages-femmes : « Lors d'un travail divin, les sages-femmes ne doivent pas utiliser l'ostensoir ou une relique, elles doivent s'abstenir d'une quelconque pratique magique, fût-ce la bénédiction du crapaud qu'elles affectionnent. On trouve en effet certaines sages-femmes qui sont si superstitieuses qu'elles croient (elles se trompent elles-mêmes) que les femmes enceintes ne peuvent accoucher et que l'enfant ne peut naître si elles n'usent pas de leurs procédés de charlatans et de leurs singeries ». (Traduction)

 

Un autre trouble, fréquent au cours des grossesses, l'hypersécrétion gastrique, est interprété par certaines femmes alsaciennes comme le contact des cheveux du foetus avec l'estomac de la mère. Avoir de tels troubles pendant la grossesse est le signe annonciateur d'une chevelure abondante du bébé.

 

Les légendes sur l'origine des enfants

 

Jamais les enfants ne se lasseront de poser des questions sur leur origine et tous les parents connaissent l'embarras quand il s'agit de répondre de façon précise.

En Alsace, on raconte souvent à sa progéniture qu'elle provient d'un puits, d'un étang, d'un arbre, d'une roche. Ces légendes remontent à des temps fort anciens où régnaient des conceptions animistes voulant que les âmes, avant de naître, séjournent dans la terre ou dans des éléments naturels (arbre, roche, etc.).

 

Certains puits portent le nom de «Marienbrunnen» (puits de Marie). L'explication d'un tel nom est très simple. La mère de Dieu a en effet supplanté l'ancienne déesse Holda ou Berchta ou Dame Holle qui, dans le panthéon germanique, était chargée de la protection des âmes non encore incarnées.

 

Une autre croyance très proche des puits à enfants est celle des rochers à enfants. Nous sommes, là aussi, en présence de vestiges de croyances animistes. C'est surtout dans les régions montagneuses qu'on trouve de telles roches aux noms très variés, mais ayant la plupart du temps un rapport direct avec les bébés.

 

Les enfants aiment aussi souvent poser la question : « mais qui nous a apportés à la maison ? » À quoi, autrefois, les parents répondaient en affirmant que c'était la sage-femme (« die Hewamm » ou « die Hebamme ») qui les avait pêchés avec un crochet dans le puits à enfants. Il y a cinquante ans on faisait souvent croire aux petits enfants que les bébés à naître se trouvaient dans la petite valise que la sage-femme portait sous le bras en se rendant au domicile d'une parturiente.

 

Le thème de la « cigogne porteuse de bébés », d'origine badoise, ne s'est vraiment développé en Alsace que vers les années 1870-71, date à laquelle l'Alsace fut annexée à l'Allemagne. Dans les légendes badoises la cigogne apparaît comme l'oiseau de la déesse Holda, princesse des Holden, qui s'est confondue avec l'ancienne déesse Freija. Notre déesse garderait dans les puits les âmes des défunts tombés du ciel avec l'eau de pluie. Son rôle consisterait à renvoyer dans le monde des vivants ces âmes en les réincarnant dans les corps d'enfants. La cigogne, émissaire de la déesse, serait chargée d'apporter des bébés aux parents qui en auraient exprimé le désir.

 

Quand la femme enceinte est sur le point d'accoucher et que les enfants demandent pourquoi elle est alitée, on leur répond souvent que la cigogne a mordu dans la jambe de la mère. « De Storik hät de Marne ins Bein gebisse, / und jetzt muess sie ins Bett läje. » (La cigogne a mordu dans la jambe de la mère, c'est pourquoi elle doit être alitée).

 

Les enfants, dans leur grande générosité, désirent souvent que le nombre de leurs frères et soeurs augmente ; pour cela ils assaillent leurs parents de questions du genre : « Que faire pour avoir un petit frère ou une petite soeur? ». À quoi ceux de Goerlingen et Ettendorf répondent qu'il faut jeter un sucre dans le puits à enfants. Au Neuhof, on raconte qu'un sucre imbibé de quelques gouttes de café et déposé devant la fenêtre, donnera un enfant à la peau brune....

 

 

La naissance

 

Quelques préparatifs

 

« Es Stindel bringt's Kindel. » (L'heure apportera l'enfant). « Wenn a Apfel reif isch, dann fallt er vain Baum. » (Quand une pomme est mûre, elle tombe de l'arbre).

Par ces affirmations les Alsaciens expriment leur confiance dans la Nature qui fait les choses à l'heure nécessaire. On ne peut ni retarder ni accélérer ces lois immuables. Mais une fois que l'heure décisive se sera rapprochée, il faudra entreprendre certains préparatifs.

Avant tout, il faut exécuter certaines transformations à l'intérieur de la maison et surtout dans la chambre de la future parturiente. Ces coutumes peuvent être rangées en deux catégories distinctes : d'une part les rites et coutumes de dénouement, d'autre part, les rites ou coutumes de fermeture.

 

Dans la première catégorie il faut ranger les pratiques consistant à dénouer dans toute la maison les cordons de tablier, les lacets de chaussures, les boucles de jarretières, etc. On doit veiller à ce que les serrures des portes intérieures soient ouvertes. Et même parfois on recommande aux femmes qui rendent visite à la future mère, d'ouvrir tous les noeuds de leurs vêtements. Le symbolisme est assez clair: nouer c'est rendre enceinte, dénouer c'est délivrer (cf. l'allemand: entbinden).

 

À ces premiers rites sont opposés les rites de fermeture. En effet, tandis que les premiers relèvent de la magie sympathique l'ouverture préfigurant l'expulsion du nouveau-né les seconds sont des rites de protection. La naissance est un moment très dangereux, dont le diable, les sorcières, les esprits malfaisants, le « peuple des eaux » essayent de profiter pour nuire, ou même ravir les âmes de la mère et du nouveau-né. Il convient donc de leur barrer la route.

 

Le fer étant un objet d'horreur pour tous les esprits malfaisants, on plante un couteau dans la porte d'entrée, ou encore, on dépose sur ou dans le lit de la future parturiente des couteaux croisés ou d'autres instruments tranchants. Brûler de l'encens, écraser un oignon ou une gousse d'ail passent aussi pour des moyens de protection contre les esprits malfaisants, Les chats étaient autrefois éloignés de la maison. Dans les milieux catholiques on suspendait dans la chambre de la future parturiente des feuilles de prières et des images de saints. Dans la vallée de Munster, autrefois, il arrivait qu'on recouvrît, comme au moment de la mort, les miroirs d'un linge.

 

Si les rites de dénouement ont presque disparu de nos campagnes alsaciennes, en revanche les rites de fermeture sont encore très connus et parfois utilisés.

 

Un usage disparu : la chaise d'accouchement

 

Au catalogue des coutumes disparues il convient d'ajouter la chaise obstétricale ou chaise d'accouchement. Cette chaise, qui était utilisée par les peuples de l'Antiquité, a été introduite en premier par les médecins arabes. Elle se présente à nous comme un solide fauteuil en bois dont une partie du fond a été enlevée. La parturiente s'asseyait dans la chaise et la sage-femme s'agenouillait devant ou derrière le fauteuil pour procéder aux manœuvres obstétricales. Ce n'est qu'une fois l'accouchement terminé qu'on mettait la mère au lit.

 

Les enfants et leurs particularités

 

La place de l'enfant dans sa propre famille, ses particularités physiques, ainsi que les accidents lors de la naissance, sont soigneusement notés par les familles. De telles constatations apparaissent comme une tentative de «tisser une toile » autour de la naissance afin qu'aucun détail ne puisse s'en échapper sans avoir été pourvu d'une signification.

 

L'exemple le plus frappant est le bonheur et la puissance magique qu'on attribue au septième enfant, surtout si celui-ci est un garçon et que ses six prédécesseurs sont uniquement des garçons. Quand l'Alsace était sous domination allemande (1870-1918), l'empereur Guillaume II (né en 1859), qui avait sept enfants dont six garçons et une fille (née en 1892), devenait le parrain du septième enfant de toute famille alsacienne. Dans certains villages on connaît encore des personnes qui ont eu l'empereur pour parrain.

 

 

 

 

Entre la naissance et le baptême

 

Le temps entre la naissance et le baptême est une période très dangereuse. La mère et l'enfant sont très affaiblis et sont alors des proies faciles pour les puissances infernales. Les enfants sont particulièrement exposés aux démons qui peuvent provoquer des maladies. Il faut donc multiplier les rites et les pratiques qui isoleront la mère et son enfant du monde extérieur qui, a priori, est hostile- On réduit au maximum le temps s'écoulant jusqu'au baptême (entre trois et dix jours). Celui-ci est considéré non seulement comme une cérémonie agrégeant l'enfant au corps des croyants, mais encore comme un rite de protection contre les puissances démoniaques. De la mère alitée on dit : « Si esch inder de Vorhang gkomme. » (Elle a été mise derrière le rideau). On affirme bien par là qu'elle est et doit être séparée du reste de la communauté humaine. On dit aussi parfois : « Sie esch à -s Stroh gfalle. » (Elle est tombée dans la paille). On fait allusion par-là, peut-être, à une ancienne coutume qui aurait consisté à mettre de la paille à la place du matelas.

 

Une autre expression désignant la mère alitée : « Im Salz sitze » (être assis dans le sel) fait allusion expressément à un rite pratiqué récemment encore par la mère, juste après l'accouchement. Celle-ci recevait dans la main un peu de sel. Elle léchait une partie de ce sel et rejetait le reste derrière elle, en ayant soin de le faire passer par-dessus la tête. Il faut voir dans cette coutume une manière de se garder des mauvais esprits.

 

En Alsace Bossue, certaines personnes pensent encore que, lors de cette période ou du moins lors de la même année, un membre de la famille mourra. Une personne vient au monde, une autre doit partir. Faut-il voir dans ces croyances des vestiges d'anciennes doctrines celtiques ? Chez les Celtes, les druides professaient une doctrine de l'immortalité de l'âme. À côté du monde des vivants existerait un monde improprement appelé monde des morts. C'est un monde de vie constituant un réservoir d'âmes disponibles. Un capital constant et roulant d'âmes est distribué entre les deux mondes appariés et les échanges entre les deux se font vie pour vie, âme pour âme.

 

Le berceau

 

La préparation du berceau qui devait recevoir le nouveau-né était particulièrement minutieuse. Autrefois, surtout dans les milieux catholiques, on accrochait au berceau des feuilles de prières qu'on avait achetées à des colporteurs. Parfois, on mettait ces feuilles au fond du berceau, sur ou sous le matelas. Les feuilles de prières les plus répandues étaient : « Das goldene Vaterunser (le Notre-Père en or), « Das goldene Ave-Maria » (l'Ave-Maria en or), «Die sieben heilige Himmelsriegel » (les sept verrous saints).

 

On accrochait et on accroche encore des médaillons au berceau. Les médaillons les plus répandus étaient ceux d'Einsiedeln (Suisse), Notre-Dame des Hermites (XVIIe et XVIIIe siècles), de Lourdes (XIXee siècle) et celle de Catherine Labouré (XIXee et XX siècles). Parfois, ces médaillons sont à l'effigie du saint du jour de la naissance. Les chapelets consacrés, les couronnes de la Fête-Dieu, les rosaires appartenaient aussi à l'ensemble des objets protecteurs qu'on fixait au berceau.

 

Certains dessins et certaines sculptures qu'on peut encore trouver sur les vieux berceaux alsaciens, si de nos jours ils n'ont plus qu'une valeur décorative témoignant du génie artistique d'une province, devaient autrefois avoir une valeur quasi magique. Ils étaient destinés à éloigner les mauvaises puissances et à attirer le bonheur sur l'enfant.

 

En général une naissance gémellaire est considérée comme un bon présage. Elle est le signe de la grâce de Dieu qui a béni le couple en lui accordant deux enfants. Cependant on pense que le premier des deux jumeaux aura plus de chance dans la vie. Quand il s'agit d'une naissance gémellaire de sexe féminin, on pense que la deuxième fille restera stérile toute sa vie. Enfin, on pense que les jumeaux mourront dans la même année.

 

Une des particularités qui a fortement préoccupé les Alsaciens, est la veine bleue apparente qui peut se trouver sur le front ou la tempe de certains enfants. On pense que ces enfants ne vivront pas longtemps. Cette croyance ne semble pas uniquement appartenir au domaine de la superstition. En effet, d'après certains médecins, la veine bleue apparente sur le front ou sur la tempe peut être le signe d'une stase veineuse. Les enfants atteints de ces troubles avaient effectivement autrefois une vie très courte.

 

L'enfant qui porte un naevus sur le corps est, lui aussi, considéré comme marqué par le mauvais sort. Les croyances populaires attribuent des causes multiples aux naevi, Fréquemment on pense que la mère, lors de la grossesse, a éprouvé une frayeur en voyant un rat ou une souris, et qu'elle a mis en même temps ses mains sur une partie du corps. Le naevus apparaîtra sur la même partie du corps de l'enfant. On peut éviter ce « Mauseflecke » ou « Muttermal » en récitant, juste après une frayeur, soit un Notre-Père, soit une confession de foi. Une envie non satisfaite lors de la grossesse donnera, elle aussi, un naevus sur le corps de l'enfant.

 

Un enfant venant au monde avec une ou plusieurs dents passe pour un enfant marqué par le mauvais sort. L'enfant venant au monde avec une partie de la membrane amniotique collée sur la tête, passe pour un chanceux.

En Alsace, on dit « in der Glückshaube gebore » ou « in der Westerhaube gebore » (né dans la coiffe du bonheur ou né dans la coiffe baptismale). On voit dans cette peau une puissance de vie qui protégera l'enfant de toute agression au cours de son existence. En Alsace on dit parfois d'un enfant coiffé : « Des gibt a mal a gueder Advokat. » (Il deviendra un jour un bon avocat).

 

Dans la région de Wissembourg, certaines personnes pensent qu'un enfant hydrocéphale est une punition divine frappant la mère qui n'avait pas désiré cet enfant. À Butten, quand un enfant vient au monde avec une inflammation des ganglions de la poitrine, on dit : « Die Hexe sin am Kind » (les sorcières sont après l'enfant). Un tel enfant est lui aussi marqué par le mauvais sort.

 

 

 

 

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Communiqués

 

L'Assemblée générale ordinaire de l'exercice 2016 a eu lieu le

17 Mars 2017

à 20hoo

à la Salle Hanfroest

(près du stade)

 

Nous avons un nouveau Président

Guy HANSEN

 

 

 

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Participation aux

Journées Européennes du Patrimoine

les 16 et 17 Septembre 2017

à Erstein

 

 

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L'association a le plaisir de vous révéler qu'au courant de l'année 2017 elle va éditer un livre qui fait suite et finalise notre exposition "Mémoires du mondre agricole  d'Erstein" de 2014.

 

Nous vous tiendrons au courant de l'évolution de ce projet et de la probable souscription qui va être annoncée et lancée lors de  notre AG.

 

La date de parution est prévue pour les journées du patrimoine

 

 

 

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Projets de la

nouvelle équipe

 

 

Un projet d'exposition à l'Etapenstall est à l'étude pour la saison 2018-2019 Le thème serait en relation avec la conception de la maison à colombage

 

 

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Un projet de refonte de notre site internet est en cours de réflexion et débouchera sur une nouvelle proposition au courant  2018

 

 

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Un projet de permanence mensuelle est à l'étude dans le but de rendre notre équipe dirigeante plus proche de la base et, par la même, de créer une nouvelle synergie.

 

 

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