Photo Claude HEYM
Photo Claude HEYM
 

 

Fidélité, adultère et divorce

 

« Geh treu und ehrlich durch di Welt. » (Que ta vie soit marquée par la fidélité et l'honnêteté !). C'est le souhait qu'on adresse à tous ceux qui se marient. La fidélité est donc considérée comme un élément important dans la vie conjugale. Il est vrai que tout au long de la vie à deux se présentent des tentations qui peuvent mettre à l'épreuve cette unité du couple: « In d'Frauje vu de andere,/ Tüet d'r Deifel e Löffel Honig. » (Dans les femmes des autres, le diable met une cuillerée de miel). «Mensch, Du darfst nur eine lieben, doch der Gockel 6 und 7. » (Homme, tu ne peux en aimer qu'une, alors que le coq peut en aimer six ou sept).

 

La fidélité, comme le dit bien G. Stoskopf, n'est pas quelque chose d'acquis une fois pour toutes. C'est une valeur qu'il faut continuellement redécouvrir: « Die Trej, wie sa viele Sache, / In Spiritüs nit in sich mache, /Drum wird au niemols garantiert, /Dass sie sich ewig konserviert. / Gar oft tuet sie — 's isch ze bedüre — / Ganz ranzig wäre-un versüre. » (La fidélité, comme beaucoup d'autres choses, ne peut être conservée dans l'alcool. C'est pourquoi personne ne peut garantir qu'elle se conservera tout le temps. Car souvent, — c'est regrettable, — elle devient rance et aigre).

 

D'un homme ou d'une femme qui est infidèle, on dit : « Er (oder Sie) geht newes nüss. » (Il — ou elle — prend un chemin à côté). H. Criqui a encore une autre expression pour parler du mari infidèle : « Hintenüsfitze wie so e junger Geisbock. » (Ruer au dehors comme un jeune bouc). Quant à Geiler de Kaisersberg, il ne faisait pas trop confiance aux femmes • «Frauenlieb ist fahrende hab: lient lieb, morgen schabab. » / « Wann di fraw untrüw wird, so erfart es ihr matin am letzten. » (L'amour d'une femme est changeant : aujourd'hui de l'amour, demain c'est fini). (Quand la femme devient infidèle, son mari l'apprend en dernier).

 

Par le passé, les autorités civiles et religieuses ont toujours frappé très durement ceux qui se rendaient coupables d'adultère. Cette sévérité s'explique par le fait que l'adultère risquait de mettre en danger la cohésion de l'unité sociale qu'était la famille. En 1529, à Strasbourg, une ordonnance punissait l'infidélité conjugale de quatre semaines de prison au pain et à l'eau, et de cinq livres d'amende. Si l'on récidivait après une première faute, c'était huit semaines de prison qu'il fallait subir et dix livres d'amende. De plus, le mari infidèle était déposé de toutes charges publiques et déclaré incapable d'en occuper d'autres à l'avenir. Si c'était la femme qui s'était rendue coupable d'adultère, elle se voyait frappée dans sa vanité mondaine d'une façon presque aussi sensible peut-être. Il lui était défendu de figurer dorénavant dans les bals, les réunions et assemblées publiques, etc. Les robes de soie, les broderies d'or lui étaient interdites à jamais. Si l'adultère était commis pour la troisième fois, les coupables étaient exposés au « Zuchthaeuslein », un jour de marché, « afin de servir d'exemple aux bons et aux méchants », puis expulsés de la ville avec menace d'être noyés s'ils y revenaient jamais. La loi prévoyait cependant que, dans certains cas, on accorderait aux bannis la permission de revenir à Strasbourg après une absence plus ou moins longue, mais ils étaient avertis d'avance qu'au moindre écart dont ils se rendraient coupables après leur rentrée, ils seraient punis de mort, l'homme décapité, la femme noyée.

 

Les maris avaient le droit de réclamer le banissement de l'amant, pour la durée d'un an au moins, s'il était célibataire, et leurs moitiés pouvaient elles aussi se payer d'une vengeance supplémentaire à l'égard des bonnes amies de leurs époux. La peine la plus sévère était immédiatement prononcée contre les deux conjoints s'il était établi que mari et femme s'étaient cyniquement entendus pour braconner, chacun de son côté, sur les terres de l'amour coupable. Une pareille insulte faite à la sainteté du lien conjugal était frappée de mort.

 

Cette question épineuse de l'adultère amène nécessairement la question du divorce. Du côté catholique, en raison de la sainteté du lien conjugal et de son indissolubilité, on n'admit jamais le divorce. Du côté protestant, les réformateurs acceptèrent, dans certains cas, le divorce au sens plein du terme, c'est-à-dire avec la possibilité de remariage des époux, ou au moins de celui qui était innocent de la cause du divorce. Les premiers auteurs protestants sont d'accord sur un point: la pos­sibilité, voire même le devoir de prononcer le divorce en cas d'adultère.

 

Erasme, favorable au divorce, n'admit pourtant que cette seule cause. Luther va plus loin; il voit quatre causes de divorce: l'adultère, l'impuissance, le refus du devoir conjugal et la « désertion malicieuse ». Il exige cependant qu'il y ait une sentence judiciaire qui prononce officiellement le divorce. Le réformateur de Strasbourg, Martin Bucer, consacra la majeure partie de ses traités du mariage à la question du divorce. D'une manière générale il se prononce pour le rejet du divorce par consentement mutuel, qui est contraire à l'institution et à la nature du mariage et ne donnerait que le mauvais exemple.

 

Quand on consulte les archives, on constate que le divorce n'était pas inconnu des Alsaciens, les habitants des villes y recourant plus souvent que ceux de la campagne. Mais ce n'était, semble-t-il, que dans les cas extrêmes qu'on choisissait cette solution : «Me weiss was mer haet, me weiss nit was mer bekommt. » (On sait ce qu'on a, on ne sait pas ce qu'on aura).

 

Les noces d'argent et les noces d'or

 

Les Alsaciens aussi ont l'habitude, encore aujourd'hui, de fêter les couples qui ont passé vingt-cinq ou cinquante années de vie commune. Ces fêtes, qui se célèbrent à la fois dans les milieux populaires et les milieux bourgeois, donnent l'occasion à tous les membres d'une famille de se réunir, de bien manger et d'entourer de leur affection l'heureux couple.

 

Les Églises ont toujours vu ces fêtes d'un bon oeil. En effet, d'après les croyances religieuses, le fait de pouvoir vivre ensemble une assez longue partie de l'existence est le signe de la bénédiction de Dieu. Ainsi, l'Église de la Confession d'Augsbourg permet à ses pasteurs, sur demande des fidèles, de célébrer un service d'actions de grâces à l'occasion des noces d'argent ou des noces d'or d'un couple.

 

Lors de la fête familiale qui suit la cérémonie religieuse, il est d'usage (dans les milieux catholiques et protestants) qu'un des membres de la famille dise un texte ou une poésie dans laquelle il résume les grands moments de la vie du couple. Certains de ces textes, par leurs qualités, appartiennent incontestablement à la culture populaire de l'Alsace. Par exemple, ce discours prononcé à l'occasion des noces d'argent des époux Jacques Diebold. Le texte a été prononcé le 12 juin 1874:

 

«Pour les noces d'argent de nos chers Jacques Diebold et Eva North. 12 juin 1874.

 

1) Le frère prend aujour­d'hui sa lyre, / Hardiment il monte Pégase, / C'est pourquoi, mes chers, acceptez pour ces noces d'argent / Ses bons vœux.

 

2) Aujourd'hui un beau jour s'est levé, / Pour toi, cher couple ! / Les joues de l'épouse fleurissent encore comme des roses, / Elle qui est le plus bel ornement du mari.

 

3) Au cours de ces vingt-cinq années, / Maintes choses se sont passées. / Vous avez eu de bons et de mauvais moments, / Vous avez eu de la joie et de la douleur.

 

4) L'esprit de conciliation de la femme adoucit le dur et pénible labeur de l'époux / Et le sérieux avec lequel il remplit les devoirs de sa charge, / Et chaque jour vous avez des moments de joie / Qui chassent soucis et peines.

 

5) Vous avez deux braves fils à vos côtés, / Ils vous assistent avec amour, / Ils vous donnent satisfaction et joie / Avec un amour filial sincère.

 

6) Puissiez-vous encore pendant de nombreuses années jouir / De ce calme bonheur familial, / Que jamais d'amères larmes de souffrance ne viennent à couler, / Et assombrir votre regard.

 

7) Contentez-vous donc de ce souvenir / Venant de la main du frère, / Que le Seigneur vous dispense joie et bénédiction / À l'occasion de cette alliance fraîchement renouée ! » (Traduction)






 

 

 

(Page suivante)

Photo de Claude HEYM

 

Notre devise:

 

Conserver le passé,

dans le présent,

pour pouvoir le transmettre

au futur

 

 

Pour nous trouver

 

 

Association

Le Vieil Erstein

Un rund um's Kanton

 

Adresse

1, Place de l'

Hôtel de Ville

67150 - Erstein

 

06 86 56 40 68

 

 

Association

pour la préservation

et la conservation

du patrimoine culturel

et traditionnel

d' Erstein

 

.

Devenir membre

Vous souhaitez

devenir membre ?

C'est très simple : utilisez

notre formulaire de contact

pour obtenir davantage

d'informations. 

Nous serions ravis de pouvoir

vous souhaiter très bientôt

la bienvenue dans notre

association.

Nous vous attendons

avec impatience !

 

 

Ce site a été créé le

1er novembre 2012

par son webmestre

et propriétaire

Jean Louis Eschbach

 

 

 

déja

visiteurs

 

 

 

 

Communiqués

 

L'Assemblée générale ordinaire de l'exercice 2016 a eu lieu le

17 Mars 2017

à 20hoo

à la Salle Hanfroest

(près du stade)

 

Nous avons un nouveau Président

Guy HANSEN

 

 

 

ooOoo

 

 

Participation aux

Journées Européennes du Patrimoine

les 16 et 17 Septembre 2017

à Erstein

 

 

ooOoo

 

 

 

L'association a le plaisir de vous révéler qu'au courant de l'année 2017 elle va éditer un livre qui fait suite et finalise notre exposition "Mémoires du mondre agricole  d'Erstein" de 2014.

 

Nous vous tiendrons au courant de l'évolution de ce projet et de la probable souscription qui va être annoncée et lancée lors de  notre AG.

 

La date de parution est prévue pour les journées du patrimoine

 

 

 

ooOoo

 

 

Projets de la

nouvelle équipe

 

 

Un projet d'exposition à l'Etapenstall est à l'étude pour la saison 2018-2019 Le thème serait en relation avec la conception de la maison à colombage

 

 

ooOoo

 

 

Un projet de refonte de notre site internet est en cours de réflexion et débouchera sur une nouvelle proposition au courant  2018

 

 

ooOoo

 

 

Un projet de permanence mensuelle est à l'étude dans le but de rendre notre équipe dirigeante plus proche de la base et, par la même, de créer une nouvelle synergie.

 

 

ooOoo

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

      Stop limite

Version imprimable Version imprimable | Plan du site
© Le Vieil Erstein - Ersteiner Flecken