Photo Claude HEYM
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Les relations sexuelles avant les fiançailles

 

Le code mosaïque qui condamne tout rapport charnel avant le mariage religieux a fortement imprimé sa marque sur l'Alsace. Les Églises, qu'elles soient protestante ou catholique, se sont faites les défenseurs de ce code moral. La perte de la virginité avant le mariage a toujours été comprise comme un péché grave.

 

Les Alsaciens connaissent des expressions péjoratives pour parler des filles qui ont eu des relations sexuelles avant le mariage : « Es het schon mancher Sturm erlebt. » (Elle a déjà connu plusieurs tempêtes). On met gentiment en garde les jeunes filles contre les dangers des relations sexuelles avant le mariage religieux : « Ach Schöne, gebe acht, / Ein Fehltritt ist gar bald gemacht. » (Belle fais attention, un faux pas est si vite fait). Ce faux pas peut être, soit le mariage, soit une relation sexuelle se terminant par la naissance d'un enfant. La virginité est comprise dans la mentalité populaire alsacienne comme la possession de l'hymen. Si la jeune fille, avant le mariage, a eu des rapports tactiles, buccaux ou anaux avec un partenaire, mais si elle reste en possession de son hymen, elle est considérée comme vierge. Cependant, personne n'ignore qu'une loi est aussi faite pour être transgressée. Et la loi mosaïque interdisant les rapports charnels avant le mariage n'échappe pas à cette constatation. Il semble que cette loi était et est transgressée pour deux raisons.

 

Premièrement, beaucoup d'adolescents, vers 16-18 ans, veulent apprendre comment s'opèrent des relations sexuelles. La partenaire choisie pour ce premier dialogue des corps a peu de chances d'être la future compagne de la vie. Elle n'est qu'une partenaire occasionnelle. Les garçons sont presque poussés à rechercher de telles expériences puisqu'ils entendent dire qu'on n'est véritablement homme que lorsqu'on a eu des rapports sexuels avec une fille : « Er het ken Erfahrung, es isch also noch ken Man!» (Il n'a pas d'expérience, ce n'est pas encore un homme) Cette expression nous laisse aussi entrevoir le désir des femmes qui attendent souvent que les hommes arrivent au mariage en ayant une certaine connaissance pratique des relations sexuelles. Il faut aussi remarquer qu'il y a ici une certaine contradiction. En effet, autant la mentalité populaire admet qu'un homme puisse venir au mariage en ayant une expérience sexuelle, autant elle condamnera facilement une fille qui aura perdu sa virginité avant le mariage. Cette contradiction apparaît aussi dans cette phrase qu'une mère de garçons peut adresser à une mère de filles. « Ich loss miner Hahn lafe, halde eiri Hiehner. » (Je lâche mon coq, rentrez vos poules).

 

Deuxièmement, dans de nombreux villages alsaciens, règne l'habitude qui veut que lorsqu'un garçon a décidé de prendre éventuellement comme femme telle fille, il ait eu plusieurs relations sexuelles avec elle. Ces relations sexuelles visent deux buts: d'une part savoir s'il y a une harmonie possible entre les corps des deux partenaires, et d'autre part savoir si la femme peut avoir des enfants, certains paysans n'épousant une femme que s'ils la savent enceinte de leurs oeuvres. Il faut voir qu'il y a ici un motif économique, le paysan désirant avoir un descendant qui lui garantisse la continuité de l'exploitation agricole. On justifie ces pratiques par le dicton : « M'r soll ken Katz im Sack kaufe. » (On n'achète pas un chat enfermé dans un sac).

 

Une coutume disparue : le «Schwämmen »

 

Pour comprendre cette pratique disparue, il faut savoir qu'elle est semblable à cette autre coutume, le « Kiltgang » qui existe en Suisse, en Allemagne, dans les pays nordiques et plus particulièrement en Suède. Cette coutume du « Kiltgang », qui est ouvertement approuvée par l'ensemble du village, consiste en ce que la jeune fille, certains soirs, ouvre la fenêtre ou la porte de sa chambre à coucher successivement à ses divers galants. Le préféré du jour se couche auprès d'elle, en restant complètement vêtu, ou en se dévêtant partiellement, et sans qu'en principe l'acte d'amour soit accompli. On passe la nuit à parler des événements qui se sont produits dans le village, et à dormir dans les bras l'un de l'autre. Les galants sont choisis par la fille et il n'est pas certain que parmi eux se trouve le futur fiancé. Le « Kiltgang » n'est ni un accouplement d'essai, ni l'obtention pour le galant d'un droit préférentiel pour le mariage. Il faut plutôt le classer dans la catégorie des fréquentations érotiques d'onanisme à deux.

 

La fête des fiançailles

 

La fête des fiançailles autrefois

 

La fête des fiançailles marque un moment de rupture dans la vie du garçon ou de la fille. En quelque sorte, on rompt avec son passé de garçon ou de fille libre comme le vent. On a maintenant pris devant les deux familles l'engagement d'épouser l'autre dans un avenir plus ou moins proche. On n'appartient plus vraiment au groupe des célibataires, mais on n'est pas encore membre à part entière du groupe des couples mariés ; on est dans un stade intermédiaire. Après cette fête, les préoccupations changent aussi. Avant, on était soucieux de trouver un partenaire, après on doit voir comment on peut vivre à deux.

 

Cette fête intervient souvent après que le garçon soit allé chez son futur beau-père pour lui demander la main de sa fille. Parfois, c'est le père du garçon qui se rend auprès du père de la fille pour demander le mariage. Au début du XXe siècle, dans le Sundgau, c'était la mère du garçon qui rencontrait la mère de la fille. Si, de nos jours, cette fête qui existe surtout dans les villes est l'occasion pour les deux familles de faire plus ample connaissance et de faire connaître à tout le monde le projet de mariage qui existe entre le garçon et la fille, au Moyen-Âge elle était avant tout fête était religieuse. Les engagements pris par le jeune couple l'étaient non seulement devant les parents, mais encore devant un prêtre.

 

L'importance de la fête des fiançailles était telle qu'il arrivait qu'on la confondît dans la forme avec le mariage lui-même. Un homme qui était fiancé n'avait pas le droit de se marier avec une autre femme. Parfois, cela était assimilé à la bigamie et très sévèrement puni. Pour ce casuel, le prêtre percevait une taxe.

 

Mais, du côté catholique, le Concile de Trente, qui se termina en 1563, marqua un tournant pour la signification de cette fête. À partir de ce moment on ne considère plus les fiançailles comme une fête liturgique, mais uniquement comme ayant un caractère familial et populaire. Du côté des protestants, dans certaines parties de l'Alsace, il semble que cette fête ait gardé son caractère religieux au moins jusqu'à la fin du XVIIe siècle, voire jusqu'au début du XVIIe siècle.

 

Au XIX' et au XXe siècles, il n'y a plus de bénédiction religieuse des fiançailles, chez les protestants comme chez les catholiques. Dans les familles riches, bourgeoises ou paysannes, les fiançailles sont remplacées par une fête marquant la signature du contrat de mariage. Cependant, dans les familles moins aisées qui n'avaient pas assez d'argent pour financer deux repas (celui du contrat de mariage et celui du mariage) et qui ne signaient pas de contrat de mariage, cette fête était totalement tombée en désuétude.

 

La signature chez le notaire

 

La fête des fiançailles était, au siècle dernier, remplacée par la signature du contrat de mariage. Cette signature n'intervenait qu'après l'accord des deux partis. Souvent, celles-ci avaient eu des difficultés à se mettre d'accord pour savoir ce que chaque enfant recevrait en dot de sa famille. Par exemple, le père du garçon ne trouvait pas normal de donner quinze bons champs à son fils alors que l'autre parti n'en apportait que quatorze. De son côté, le père de la fille ne trouvait pas normal qu'il donnât un cheval à sa fille alors que son futur gendre ne recevait que deux boeufs. Parfois même ces discussions ont fait échouer des mariages, les deux parties n'arrivant pas à s'entendre.

 

La signature du contrat de mariage se nomme « Verschreibung » ou «Handstreich » et l'acte notarié lui-même « Ehbreitung » qui vient du vieil allemand où le mot « reiten » signifie calculer, compter. Tôt le matin le notaire, accompagné de son clerc, arrive à la ferme pour rédiger le contrat. Après que le contrat soit rédigé, on passe aux signatures.

 

Quand vient le tour de la jeune fille de signer, son futur mari constate avec effroi qu'elle a disparu. Elle s'est en effet cachée dans la ferme. Tout le monde se met à sa recherche. Une fois trouvée, on doit constater qu'elle ne veut absolument plus signer le contrat. Son fiancé ne pourra la faire changer d'avis qu'après l'avoir longtemps flattée et lui avoir offert un cadeau ou quelques pièces d'argent. Mais, au moment de signer, la plume ne veut absolument plus écrire. Pour trouver une plume qui écrive, le fiancé devra encore une fois faire de nouvelles promesses à sa future ou bien lui donner quelques pièces supplémentaires d'argent.

 

Ce rite s'explique très facilement. Nous sommes en présence d'une réaction de défense d'un milieu (la famille de la fille) qui sait que le futur mariage l'affaiblira numériquement, affectivement et financièrement. En effet, il est coutume que la fille entre dans la mouvance de la famille du garçon. «D'Frau kommt of d'Sit vom Mann. » (La femme va du côté de l'homme).

 

Après la signature du contrat de mariage viennent les réjouissances auxquelles sont invités, non seulement les deux familles, mais encore les amis et le notaire avec son clerc. Tout le monde prend place autour des tables afin de manger le bon repas servi. Soudain, dehors on entend un coup de pistolet et quelques instants plus tard, un garçon en habit de dimanche, souvent le futur garçon d'honneur (« Brautführer »), entre dans la pièce. Parfois, il est accompagné d'un autre garçon. D'une main il tient une bouteille de bon vin et de l'autre un bouquet de fleurs artificielles.

 

Le bouquet est le cadeau des jeunes célibataires. Il est offert par l'intermédiaire d'un délégué qui s'adresse au jeune couple avec les paroles suivantes : « Jetzt wünsch ich em Hochziter un de Jumfer Hochziteren au viel Glück in dem Ehstand, un soll ich euch dene Strüss Presänt mache. » (Maintenant je souhaite beaucoup de bonheur au fiancé et à la fiancée dans leur union; et là je dois vous remettre ce bouquet comme cadeau). On remercie le jeune homme, on le complimente pour le beau bouquet, puis on l'invite à s'asseoir. Il verse son vin à ses voisins de table. Puis, au bout d'un moment, il se lève pour repartir, non sans qu'on lui ait de nouveau rempli la bouteille. Dans la ferme retentit encore une fois un coup de pistolet.

 

Si le fiancé était un étranger au village, le discours tenu par le délégué était le suivant: « Der Herr Hochzeiter hat sich erfrecht / Und die schönste Blume im Garten gebrecht. / Diese Sache gehen wir nicht so ein, / Sie muss vor Gericht entschieden sein. / Doch, um das alles zu verhüte, / Kann der Herr Hochzeiter uns vergüte. / Seht, zum Zeichen, dass wir einig sein, / Schenken wir Ihnen dies Sträusselein. » (Le fiancé a osé cueillir la plus belle fleur du jardin. Nous n'acceptons pas cela sans rien, cette affaire doit se passer devant un tribunal. Mais pour éviter cela, le fiancé peut nous dédommager. Et voici, comme signe de notre entente, nous lui offrons ce bouquet de fleurs). Dans ce cas, l'étranger devait verser une certaine somme d'argent au délégué. Celui-ci remettait alors à l'étranger un bouquet de romarin qui signifiait l'acceptation, par les jeunes du village, de l'union entre l'étranger et une fille du village. Cette coutume était aussi très vivace en Lorraine.

 

Les familles des deux jeunes doivent aussi fournir un « Trumbotte » aux villageois. C'est une certaine quantité de vin que l'on offre aux célibataires, aux jeunes hommes mariés et aux femmes. Les pauvres gens ont eux aussi droit à du vin. Chaque catégorie de personnes en reçoit une quantité déterminée. Les femmes, par exemple, reçoivent un seau de bon vin. Les jeunes gens, qui ont reçu la plus grande quantité, boivent ce fruit de la vigne dans l'auberge du village. S'il y a plusieurs auberges dans le village, ce sera dans celle où on fêtera le mariage du couple. S'il n'y a pas d'auberge, on le boira dehors. Les hommes mariés ainsi que les femmes, pour garder un peu plus de dignité, boivent le vin à la maison. Les jeunes gens, de leur côté, savent qu'ils pourront boire autant de vin qu'ils en auront envie. En effet, chaque paysan qui marie son enfant se fait un point d'honneur de pouvoir étancher la soif de tous les jeunes gens.

 

Ces beuveries collectives, il faut bien appeler les choses par leur nom, étaient toujours très hautes en couleurs. Il était amusant de voir l'effet du vin sur les femmes. Généralement, il y avait un grand « Trumbotte » lors de la signature du contrat de mariage et un petit « Trumbotte » lors du mariage. Dans certains villages, il n'y avait de « Trumbotte » que quand le garçon était un étranger venant s'établir dans le village de la fille. Dans d'autres villages, on distribuait de l'argent lors de la signature du contrat de mariage et du vin lors du mariage.

 

Cette coutume du « Trumbotte » doit remonter très loin dans le temps. Elle est le reste de cette autre coutume, très vivante au Moyen-Âge, qui consistait à boire du vin pour conclure les accords commerciaux (« Weinkauf»). La coutume semble s'être éteinte au début du XXe siècle. Mais avant de disparaître complètement, elle avait subi quelques transformations. Ainsi, certaines familles pré­féraient offrir modérément des boissons alcoolisées, mais elles y ajoutaient des saucisses, du pain et du gâteau.

 

Les différents contrats de mariage

Le contrat de mariage, qui est signé quelques semaines, voire un ou deux mois avant la cérémonie religieuse, a pour but de fixer dans des termes juridiques les accords qui sont intervenus entre l'homme, la femme et les familles respectives.

En premier lieu, le contrat est là pour rappeler à chacun des deux partenaires certains de leurs droits et devoirs. Deuxièmement, il doit enregistrer les biens que chaque partie a apportés dans l'union. Troisièmement, il doit indiquer la marche à suivre pour partager les biens lors du décès d'un des conjoints.

À certaines époques et dans certaines régions, ces contrats furent même obligatoires (ainsi, du temps de la Réforme, à Strasbourg, selon François Wendel). Mais à la même époque, dans la ville impériale de Turckheim, ils étaient facultatifs (« einem jeden frei gelassen »).

En étudiant quelques contrats de mariage des siècles passés, on peut découvrir certaines coutumes aujourd'hui disparues. En examinant par le détail des contrats de mariage, on remarque que dans chaque préambule les fiancés promettent d'aller se marier à l'église. Ce contrat, rédigé en langue française, est identique aussi bien dans sa lettre que dans son esprit aux contrats rédigés en langue allemande.

Cela remonte à l'époque antérieure au Concile de Trente où les fiançailles célébrées à la maison, et la copulation charnelle (« copula carnalis ») étaient souvent considérées comme suffisantes pour la validité du mariage. La cérémonie religieuse, souvent facultative, n'était en somme qu'une « solennisation » du mariage. L'inscrire dans un contrat était la rendre obligatoire. Après le Concile de Trente, où les fiançailles perdent leur valeur liturgique et où le mariage religieux à l'église devint obligatoire, cette clause dans les contrats était presque superflue, mais elle subsista encore quelques siècles. Du prochain contrat de mariage, signé le 3 juin 1775 à Bergheim, on ne donnera qu'un résumé. En effet le texte original contient plus de 1 500 mots.

 

Dans la Basse-Alsace, nous trouvons un parallèle à cette pratique, le « Kommnächten » (les nuits pour venir). Comme le nom l'indique, ce sont les nuits où le soupirant a le droit de rendre une visite à sa bien-aimée. Ce sont les mardi, jeudi, samedi et dimanche soirs. Un garçon qui se respectait, n'allait pas visiter sa fille un autre soir. Celui qui le faisait, passait, aux yeux des gens, pour un «pisse au lit». L'usage des « Kommnächten » a aussi disparu.

 

Si l'explication du mot « Kommnächten » est évidente, celle du mot « Schwammen » est plus dif­ficile. Le mot semble remonter au vieil allemand « sweimen », « schweifen », « schweben » qui est utilisé pour désigner le vol de certains oiseaux. On fait ici sûrement allusion au fait que le garçon doit s'élever dans les airs, au moyen d'une échelle, pour atteindre la fille.

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Communiqués

 

L'Assemblée générale ordinaire de l'exercice 2016 a eu lieu le

17 Mars 2017

à 20hoo

à la Salle Hanfroest

(près du stade)

 

Nous avons un nouveau Président

Guy HANSEN

 

 

 

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Participation aux

Journées Européennes du Patrimoine

les 16 et 17 Septembre 2017

à Erstein

 

 

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L'association a le plaisir de vous révéler qu'au courant de l'année 2017 elle va éditer un livre qui fait suite et finalise notre exposition "Mémoires du mondre agricole  d'Erstein" de 2014.

 

Nous vous tiendrons au courant de l'évolution de ce projet et de la probable souscription qui va être annoncée et lancée lors de  notre AG.

 

La date de parution est prévue pour les journées du patrimoine

 

 

 

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Projets de la

nouvelle équipe

 

 

Un projet d'exposition à l'Etapenstall est à l'étude pour la saison 2018-2019 Le thème serait en relation avec la conception de la maison à colombage

 

 

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Un projet de refonte de notre site internet est en cours de réflexion et débouchera sur une nouvelle proposition au courant  2018

 

 

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Un projet de permanence mensuelle est à l'étude dans le but de rendre notre équipe dirigeante plus proche de la base et, par la même, de créer une nouvelle synergie.

 

 

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