Photo Claude HEYM
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Les qualités de la femme

 

Le choix d'une épouse, comme celui d'un époux, est influencé par des facteurs de deux sortes : l'amour et le calcul économique. Dans la première catégorie on peut ranger l'affection et la beauté physique de la femme; dans la deuxième catégorie sa fécondité, l'importance de sa dot, ses différentes qualités la rendant capable d'exécuter au mieux les travaux domestiques.

 

En dehors des préférences purement individuelles, les Alsaciens ont trois groupes de qualités qu'ils regardent comme essentielles pour la beauté féminine, à savoir: le développement complet et normal des caractères visibles appartenant à l'organisme humain en général, deuxièmement l'épanouissement des caractères particuliers au sexe féminin, enfin la présence de caractères particuliers de la race.

 

Ainsi, on préfère une femme bien en chair plutôt qu'une maigre. On n'aime pas les filles trop élancées. On préfère une fille avec un nez fin (« e schmali Nase ») à une avec un nez volumineux (« e Grumberenas ») (un nez en forme de pomme de terre). Les lèvres charnues (« volle Lippe ») sont très appréciées par les hommes. Un grand front passe pour un signe d'intelligence, mais on pense que la femme ne doit pas être trop intelligente, sinon elle ne voudra plus s'occuper des travaux domestiques. Enfin, une belle chevelure et des dents soignées sont des atouts qu'il ne faut pas négliger dans la beauté féminine.

 

Cependant, les Alsaciens ont des expression féroces pour parler des femmes que la Nature n'a pas richement pourvue . «Toutes ces expressions plus ou moins méchantes montrent bien que les Alsaciens ne sont pas insensibles aux qualités physiques des femmes. Enfin, ils se méfient beaucoup des hommes, mais surtout des femmes qui ont des cheveux roux. Mais aux filles trop préoccupées uniquement par leur apparence physique, on dit : « Kalder Kaffeedampf macht scheni Maidle. » (La vapeur de café froid rend les filles belles).

 

Les Alsaciens ont aussi cherché des femmes sachant tenir un ménage et pour qui les travaux domestiques ne soient pas désagréables : « Sebbele, widd mi ? / E nätt Maidele bin i ! / Kann bäche und bache, / Kann allerhand Sache ; / Kann stricke, kann näje, / Kann's Rädel' rum drëje / Sebbele, widd mi ? / E brav's Maidele bin i !» (Joseph, veux-tu de moi ? Je suis un joli brin de fille ! Je sais faire la lessive, faire cuire le pain, et beaucoup d'autres choses. Je sais tricoter et coudre et faire tourner le rouet. Joseph veux-tu de moi ? Une gentille fille je suis !).

 

Le dicton suivant, accroché dans une maison d'Epfig, résume bien ce que l'Alsacien attend de la vie, et en particulier de sa femme : «Gottes Gnade, gesunder Leib, /Ein warmes Bett, ein frommes Weib. / Ein gut Gewissen, viel bares Geld : / Das ist das Beste auf der Welt. » (La grâce de Dieu, un corps sain, un lit chaud, une femme pieuse, une bonne conscience et beaucoup d'argent liquide: voilà ce qu'il y a de meilleur sur la terre).

 

Une autre des qualités maîtresses recherchées chez la femme est son aptitude à savoir faire des économies. Les Alsaciens aiment aussi les femmes soumises qui n'essayent pas de tout vouloir commander dans le ménage. Mais personne ne se fait d'illusions, il n'existe pas de femme ou d'homme ayant toutes les qualités désirées : «Jedes Resele het sin Dernele. » (Chaque rose a son épine).

 

De toute façon, tout le monde recommande à ceux et à celles qui veulent se marier de bien réfléchir à leur décision et de bien examiner les qualités du conjoint. En effet, le mariage est un acte qui engage toute la vie : « E Kueh ka m'r wider verhandle, awar e Froj net. » (Vallée de Munster) (On peut bien échanger une vache, mais pas une femme) « Ghirote isch mer gli, was awer kommt, weiss mer nie. » (Colmar) (On est vite marié, mais on ne sait pas ce qui viendra ensuite).

On met aussi les jeunes en garde par ce dicton: « S'Hierote isch e Hienerhues. /Die wo drin sin mechte nues, / Die wo drues sin mechte dri. / Hans, i rot dir, ledig ze blii !» (Le mariage est comme un poulailler. Ceux qui sont à l'intérieur veulent en sortir, ceux qui sont à l'extérieur veulent y entrer. Jeannot, je te donne un conseil, reste célibataire !).

 

Le vocabulaire utilisé pour parler des relations amoureuses

 

La recherche d'un partenaire avec qui on puisse partager son avenir est toujours une aventure. Cette quête n'aboutit jamais du premier coup. Elle est accompagnée d'un certain nombre d'expériences relationnelles qui, progressivement, vont amener le garçon ou la fille à chercher non pas un partenaire idéal, sans défaut, mais un homme ou une femme réelle avec ses qualités et ses imper­fections.

 

Cette phase de recherche de l'autre dure plusieurs années. Elle comprend différents stades qui traduisent le mûrissement du garçon ou de la fille. Cette période de recherche est jalonnée par des amourettes, des coups de foudre, des déceptions amoureuses, des espérances, des illusions qui s'évanouissent, etc.

Toutes ces expériences sont absolument normales dans cette recherche d'autrui. Le vocabulaire alsacien, assez riche dans ce domaine, traduit bien ces expériences à travers lesquelles doivent passer les adolescents.

 

D'un garçon qui n'est pas insensible aux charmes des jeunes filles, on dira: « De Maidle 's Giggel schmise. » (Lorgner les jeunes filles).. D'un garçon qui est à la recherche d'une compagne, on dira: « Er geht of Freijerei. » Cela vient de l'allemand «freien » = rechercher, demander en mariage.

 

D'un garçon et d'une fille qui sortent ensemble, on dira : « Sie gehn of d'Frejerei. ». On pense qu'il faut se mettre tôt à la recherche du partenaire : « Jung gefreijt, / Het noch niemand bereift. » (Neuhof) (Personne n'a encore regretté de s'être mis tôt en. chasse).

 

D'une jeune fille au minois sympathique, on dira : « E gfitzts Bibel. » (Strasbourg) (C'est une belle poulette). « E natts Düttele. » « Es haet e sueferes Fraetzel. » (Elle a un minois propre ou sympathique.). D'une jeune fille au premier abord sympathique et agréable, mais dont une meilleure connaissance révèle que tout cela n'est qu'apparence trompeuse, on dira : « Vel Wend un ken Raje. » (Beaucoup de vent et pas de pluie). « Owe hui un unte Pfui!» (En haut bien, en bas rien). On caractérisera ainsi une jeune fille aux prétentions démesurées : « Es haet siner Geburtschin verlore. » (Strasbourg) (Elle a perdu son certificat de naissance).

D'un garçon vantard et d'un « m'as-tu vu ? », on dira : « Er git me an als er halde kan. » (Il dit plus qu'il ne peut tenir).

 

En Alsace, comme ailleurs, il existe des Don Juan qui n'arrivent plus à compter toutes leurs expériences amoureuses. Le vocabulaire particulièrement riche dans ce domaine ne s'applique pas uniquement aux adolescents, mais aussi aux hommes mariés qui ne restent pas fidèles à leur femme. « Es isch e schener Fajoler. » « Es isch e junger Fajatzer. » « Es isch e Poussierstengel. » « Es isch e Maidelschmecker. » « Es isch e Strolich vum e Luftibüs. » « Es isch e Geniesser. » (jouisseur). « Es isch e Läwemann. » (un viveur). « Es isch e Sohleschlicher. » « Es isch e Nachtschwärmer. » « Es isch e lockerer Vogel. » (oiseau volage). « Es isch e Luftibüs. » Beaucoup de ces expressions sont intraduisibles.

 

Il existe aussi plusieurs expressions pour parler d'un garçon qui fait la cour à une jeune fille. « Er macht de Hof» (Il fait la cour). « Er duet um's herum schwänzle wie e Hund. » (Il tourne autour d'elle comme un chien). « Er laaft ihm noch uff Wäj un Stäj.» (Il la suit partout).

 

Parfois, le vocabulaire utilisé nous montre qu'on est dans un domaine proche de la chasse et de la pêche. Mais il est souvent difficile de dire qui est le chasseur et qui est le gibier : « Mit Lym un Mucke fangt mer d'Meise. » (Avec de la colle et des mouches on attrape des mésanges). « Er (oder es) haet schen angebiesse. » (Il ou elle a bien mordu à l'hameçon «D'Frau kan d'Mann um d'Finger weckle. » (La femme peut enrouler l'homme autour de son doigt).

 

Que l'amour peut rendre aveugle, voire un peu fou, personne ne l'ignore: «D'Liewe isch blind, / Un macht blind. » (L'amour est aveugle et rend aveugle). « Wenn unser Herrgott a Narr will, / So macht'r e Hochzitter. » (Si Dieu veut un fou, il fait un jeune marié. Parfois on met en parallèle l'amoureux et certains animaux : « Er isch verliebt wie e Güller. » (Il est amoureux comme un coq).

 

Dans le vocabulaire des amoureux se mêlent des notions alimentaires et culinaires. Les psychologues y voient la réapparition d'un des premiers stades d'évolution de l'enfant : le stade oral. « Ich habs zuem fresse gern. » (Je l'aime au point de la croquer). On dira de la femme bien-aimée : « Min Hunniflädele, min Zuckerwäffele.» (Ma tartine de miel, ma petite gaufre). « Un wenn mi Schatz e Zuckerstock wär, / So tät i dra lutte bis net meh dra wär.» (Si ma bien-aimée était un sucre d'orge, je le lécherais tant qu'il y en aurait).

 

Quand un garçon et une fille se fréquentent, on dit : « Sie gehn mitnander.» Parfois, quand des personnes trop curieuses posent des questions sur la relation entre un garçon et une fille, on leur répond : « Sie bette minsex nit de Rosekranz zusame.» (Certes, ils ne sont pas ensemble pour réciter le rosaire).

 

Lors de ces rencontres entre garçon et fille, il arrive souvent que les deux s'embrassent sans que cela signifie pour autant qu'ils se marieront. On trouve cela absolument normal : «Klopft einem 's Herz do unter 'in Mutze / Ze soll m'r d'junge Maidle schmutze. / E Bue, wie nit gern d'Maidle schmutzt, / Eh bien, der isch ganz letz gemutzt. / E so e Typ isch ze bedüre, / Im Essigkruej söll er versüre!» (Si le coeur bat sous votre gilet, vous devez embrasser les jeunes filles. Un garçon qui n' aimerait pas embrasser les filles, eh bien, il serait totalement bizarre. Un type pareil est à plaindre, il mérite de devenir aigre dans une cruche de vinaigre). Quand un garçon embrasse très bruyamment une fille, on dit : « Er het sie gschmutzt wie wenn e Kue de Fuess / Us 'm Mischt zejt.» (Waldenheim) (Quand il l'a embrassée cela a fait le même bruit que lorsqu'une vache sort son pied du fumier).

 

Les interdits concernant les fréquentations

 

Si de nos jours, grâce à la mobilité des populations et des individus, des garçons et des filles de régions et de pays différents font connaissance et que certaines de ces liaisons aboutissent à des mariages, il en allait différemment autrefois. En effet, il y a encore quelques décennies, certaines coutumes, même si elles n'étaient pas fixées sur papier, interdisaient certaines fréquentations. Un garçon n'avait pas le droit de courtiser n'importe quelle fille, et réciproquement une jeune fille n'avait pas le droit d'accorder ses faveurs à n'importe quel garçon. Les coutumes qui réglementaient les fréquentations étaient au nombre de trois. Il y avait les interdits d'ordre géographique, d'ordre religieux et d'ordre social.

 

  • L'interdit le plus important était d'ordre géographique. Le village ou la petite ville constituaient une unité autonome repliée sur elle-même. Les garçons du village devaient courtiser les filles du village. Il était mal vu, voire dangereux, qu'un garçon allât chercher une femme ailleurs. Quelques dictons encore connus aujourd'hui conseillent aux jeunes de chercher une femme dans le village, et aux filles d'accorder exclusivement leurs faveurs aux garçons de l'endroit.Lors des bals populaires ou autres réjouissances, les jeunes du village interdisaient la venue de garçons d'autres endroits. On est là en présence d'un mécanisme de défense d'un groupe (les jeunes mâles du village) qui a peur que l'étranger vienne appauvrir le capital humain en enlevant une femme : « E fremder Hahn wird nit im Dorf geliete.» (Dans le village on ne supporte pas un coq étranger). Parfois, cependant, un groupe de garçons d'autres villages venait en reconnaissance au moment des fêtes populaires. Inévitablement, cela se terminait par des bagarres où certains jeunes durent même laisser leur vie.
  • On interdisait aux garçons de chercher des filles qui pratiquaient une autre religion. Ainsi, il y a encore cinquante ans, il apparaissait comme impossible à un paysan du pays de Hanau de chercher une femme dans la région très catholique du Kochersberg. Cet interdit s'appliquait aussi à l'intérieur d'un même village, s'il y avait deux communautés religieuses. Il y a encore cinquante ans, dans la région de Woerth-Lembach-Goersdorf, on interdisait aux filles catholiques de venir danser avec des garçons protestants ! Si un garçon et une fille de confessions différentes transgressaient cet interdit, il arrivait que le pasteur ou le curé, le dimanche, en chaire ou à la sortie de l'église, rappelât le ou la coupable à l'ordre.
  • Enfin, le troisième interdit voulait que les personnes dont les origines sociales étaient trop différentes, ne se fréquentassent pas : « Me soli bi sim Sach bliewe.» (On doit rester avec ceux de sa condition). Ainsi, par exemple, au début du XXe siècle, les riches paysans de Cleebourg ne tenaient pas à ce que leurs filles fréquentassent des ouvriers : « Du sollscht net mit dem Lumpevolk gehn ! » (Tu ne dois pas aller avec ces vauriens). Mais les pauvres qui n' avaient pas le droit de courtiser des filles riches, se consolaient par ce dicton : « Bist du klug, nimm deines gleichen, / Trachte nicht nur nach den Reichen. /Arme bringen oft den Segen, /An dem alles ist gelegen.» (Si tu es quelqu'un de sage, choisis parmi les tiens. Ne regarde pas que les riches. Les pauvres apportent souvent la bénédiction dont tout dépend).

S'il y avait des interdits très précis, il y avait aussi des permissions qui généralement nous choquent aujourd'hui. Ainsi, surtout dans les grandes familles riches, on conseillait aux garçons de courtiser les nombreuses cousines qu'ils avaient. En effet, il y avait un patrimoine à conserver et même, si possible, à accroître ! « Das es Sach beinander bleibt. » (Cleebourg) (Afin que les biens restent ensemble). La génétique moderne nous a montré tous les dangers possibles pour la descendance de ces unions consanguines. Il n'est donc pas étonnant de voir dans certaines de ces familles des enfants en mauvaise santé, souffrant de troubles nerveux, et même parfois débiles. Mais, si déjà on se doutait qu'il y avait une relation de cause à effet entre le mariage consanguin et l'enfant débile, on n'arrêtait pas pour autant de telles pratiques.

 

Quand Jeannot et Gretel se fréquentent

 

Il se peut très bien que malgré tous les calculs et les désirs de leurs parents, un Jeannot et une Gretel aient soudain le coup de foudre l'un pour l'autre. Que l'amour puisse être imprévisible sera la seule consolation des parents : « D'Lieb fällt grad so guet uf e Kühpflapper wie uf e Roseblatt. » (L'amour peut tomber aussi bien sur une bouse de vache que sur une feuille de rose). Même si au départ les parents étaient opposés aux rencontres entre Jeannot et Gretel, au bout d'un temps ils finissaient bien par les accepter. Notre jeune couple aura de nombreuses occasions de se fréquenter. Les bals du samedi soir, les soirées dans les « Spinnstuben » ou « Kunkelstuben », la foire d'automne ou de printemps, appelée « Messti », sont autant d'occasions offertes à nos jeunes gens pour qu'ils puissent mieux se connaître et passer ensemble de tendres moments.

 

Les bals populaires jouent un grand rôle. Combien d'unions ne sont-elles pas nées sur les planches poussiéreuses des pistes de danse ! Nos deux amis se retrouvent donc au bal du samedi soir. Comme Jeannot veut danser avec Gretel, il lui adressera la parole en ces termes : « Zei, Gretel, welle mer eine träte.» Au bout de quelques danses un autre garçon voudra peut-être, lui aussi, danser avec Gretel. Il se fera gentiment éconduire par ces paroles : « Ich will awer nit » ou « Loss mich mit Friede. » (« Je ne veux pas » ou « Laisse-moi en paix »). Il y a cinquante ans Jeannot et Gretel auraient dansé des « Hoppler », « Polka », « Mazurka », « Schottisch », et des «Walzer».

 

Jeannot et Gretel pouvaient aussi se revoir dans les « Spinnstuben » ou « Kunkelstuben ». C'étaient des rencontres entre les gens du village, le soir, dans la maison d'une des familles. Les femmes y filaient le lin tout en commentant les derniers événements du village. Les hommes y racontaient leurs histoires de guerre en fumant gravement leur pipe et les jeunes s'amusaient entre eux. On reprenait le répertoire des vieux chants alsaciens. Les jeunes gens avaient aussi de nombreux jeux dont un, fort prisé, qui se nommait « Heirathes » (mariage). Les garçons et les filles se disposaient alternativement en formant un grand cercle. On compte jusqu'à vingt. Le couple 19-20 gagne le centre du cercle.

 

Pendant ce temps les autres forment une chaîne et dansent autour en chantant. Ensuite le couple se lève et exécute, au son de l'harmonica, trois danses : une écossaise, une valse et une polka. Il regagne le cercle. Lui, appelle un garçon, et elle une fille. Le nouveau couple gagne le centre du cercle pour « célébrer ce deuxième mariage » avec le même cérémonial. Le jeu prend fin quand tous les couples « ont été unis ». Souvent on tire ces cérémonies en longueur pour prolonger la soirée. À la fin de la réunion, il était généralement permis que chaque cavalier raccompagnât à la maison sa partenaire. Jeannot avait donc le plaisir de pouvoir raccompagner Gretel à la maison. La complicité de la nuit aidant, il ne se privait pas de susurrer quelques douces paroles à sa bien-aimée et de l'embrasser tendrement.

 

À la fin de l'automne, tout le monde au village attendait avec impatience l'ouverture de la foire : le « Messti ». C'était l'occasion pour les paysans de fêter dignement avec leurs amis la bonne récolte de l'année. Dans les régions vinicoles de l'Alsace, on goûtait aussi le vin nouveau qui a la réputation de rendre facilement gai. Le « Messti » était vraiment la fête où tout le monde participait. Lors de ces festivités, les parents, trop occupés à s'amuser avec des amis de leur âge, ou à vendre des produits de leur ferme, ou encore à acheter des produits manufacturés, relâchaient la surveillance de leurs filles et de leurs garçons. Ces derniers, profitant de cette inattention, faisaient la cour à leur bien-aimée. Ils pouvaient les emmener sur les pistes de danse qui formaient l'attraction principale de cette fête. Ou bien encore ils pouvaient essayer de les épater en leur montrant combien ils étaient forts et adroits aux stands de tir. Enfin, une foire ne serait pas vraiment une foire s'il n'y avait pas quelques stands de confiserie Là, on trouvait une multitude de sucreries qu'on pouvait offrir à sa belle: pains d'épices, nougats, réglisse, chocolat, pommes d'amour, bonbons, papillotes, etc. Ces quelques douceurs étaient des signes de l'amour qu'un garçon pouvait porter à une fille.

 

Jeannot a décidé, selon l'usage, d'acheter à Gretel une douzaine de pains d'épices en forme de coeur (« Herzlebkuchen »). Sur ces pains d'épices on peut lire les inscriptions suivantes, réalisées avec du sucre : « Nur dann erst werd'ich fröhlich sein, / Wenn ich Dich nennen kann die mein. /Dein treues Herz, Dein trauter Sinn /Macht, dass ich Dir gewogen bin. » (Je ne serai heureux que quand je pourrai t' appeler mienne. Ton coeur fidèle, ton cher esprit font que je t'aime).

 

Gretel, de son côté, pour faire plaisir à Jeannot, lui offre des petits bouquets de fleurs. Mais comme l'habitude le veut, elle s'abstient de tout autre cadeau. Au milieu de la nuit, quand enfin la fête prend fin, les garçons généralement raccompagnent les filles à la maison (« Heimfiehre »). Cet épisode de la vie à la campagne appartient au côté négatif de nos coutumes. Pas tellement à cause des transgressions des interdits moraux, mais surtout à cause de nombreuses bagarres provoquées par tel ou tel garçon jaloux, et que l'abus des boissons alcoolisées aura rendu très méchant. Cela s'est même parfois soldé par mort d'homme.

 

Gretel et Jeannot s'envoyaient des lettres ou des cartes postales qui se terminaient par une poésie « Ich küsse dich und drücke dich, /Oft, viel­mal, in Gedanken / Ich schaue dich im Geiste an, / Mein Herz soll von dir nicht wanken, / Wenn ich dich schon nicht sehen kann. / Gott lass' dich lang gesund ! / Bis dass der Hase jagt den Hund, / Bis dass der Mühlenstein, / Schwimmt über den Rhein, / Sollst du mein Allerliebster sein. » oder « Sollst du meine Allerliebste sein. » (En pensées je t'embrasse et je te serre contre moi, souvent, de très nom­breuses fois. Je te contemple en esprit ; même si je ne peux te voir, mon coeur ne doit pas se détacher de toi. Que Dieu te garde en bonne santé ! Tu dois rester mon bien-aimé (ou ma bien-aimée) jusqu'au jour où le lièvre poursuivra le chien et où la meule du moulin nagera dans le Rhin).

Photo de Claude HEYM

 

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Communiqués

 

L'Assemblée générale ordinaire de l'exercice 2016 a eu lieu le

17 Mars 2017

à 20hoo

à la Salle Hanfroest

(près du stade)

 

Nous avons un nouveau Président

Guy HANSEN

 

 

 

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Participation aux

Journées Européennes du Patrimoine

les 16 et 17 Septembre 2017

à Erstein

 

 

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L'association a le plaisir de vous révéler qu'au courant de l'année 2017 elle va éditer un livre qui fait suite et finalise notre exposition "Mémoires du mondre agricole  d'Erstein" de 2014.

 

Nous vous tiendrons au courant de l'évolution de ce projet et de la probable souscription qui va être annoncée et lancée lors de  notre AG.

 

La date de parution est prévue pour les journées du patrimoine

 

 

 

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Projets de la

nouvelle équipe

 

 

Un projet d'exposition à l'Etapenstall est à l'étude pour la saison 2018-2019 Le thème serait en relation avec la conception de la maison à colombage

 

 

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Un projet de refonte de notre site internet est en cours de réflexion et débouchera sur une nouvelle proposition au courant  2018

 

 

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Un projet de permanence mensuelle est à l'étude dans le but de rendre notre équipe dirigeante plus proche de la base et, par la même, de créer une nouvelle synergie.

 

 

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